Autour du Lac Nicaragua

 

Difficile à éviter (il fait tout de même plus de 8.000km²), le lac Nicaragua situé au Sud du pays est le plus grand lac d’Amérique centrale et l’un des plus grand au monde.

Si nous y avons passé 2 semaines c’est finalement assez peu pour les différents univers qu’il propose…  

 

DSC_2342 [1280x768]Notre entrée au lac s’est faite avec notre entrée dans le pays.

Depuis Los Chiles au Costa Rica, le Rio Frio traverse la frontière et mène à San Carlos, ville nicaraguayenne à l’embouchure du lac.
Le trajet en lui-même est déjà une attraction ! La barque navigue sur la rivière, moyennement large, entre forêts luxuriante, bananeraies et villages ras, mais surtout entourée d’oiseaux, de tortues et de singes. Le voyage s’accompagne donc de leurs cris et de leurs chants.

C’est, de loin, la plus belle et la plus agréable frontière que nous ayons passée jusque-là.

 

San Carlos est un carrefour pour les diverses destinations autour du lac.
A grand renfort d’affiches touristiques récentes, de rives presque aménagées, de kiosques et de vrais débarcadères couverts, elle essaye de se faire passer pour une ville balnéaire sans en avoir vraiment l’air…

Elle ne restera qu’une ville transitoire, pour nous comme pour d’autres, bien qu’elle soit une agréable introduction au lac.

Rapidement nous partons donc pour la réserve Los Guatuzos, bien vendue par nos guides touristiques : on y verrait en une balade :
« plus d’animaux qu’au Costa Rica en une semaine »… Un vrai défi donc…

 

DSC_2519 [1280x768]Là encore le véritable spectacle est finalement le trajet.

Nous traversons le sud du lac pour arriver sur la rivière Papaturro et nous enfoncer, littéralement, en elle. C’est la fin de la saison sèche… Notre lancha racle parfois le fond, la rivière se réduit peu à peu et nous finissons par naviguer entre les herbes hautes à moins d’un mètre de chaque rive.
La faune y est incroyable, les oiseaux innombrables et bruyants, les vaches curieuses observent notre fragile embarcation, les tortues sont de sortie et malgré le peu de fond, les remous nous laissent deviner la présence, ça et là, de quelques caïmans…
L’atmosphère est lourde et ce court voyage a des airs d’expédition lointaine sur un mini fleuve amazone. Nous aurions pu y rester des heures…

Au village (nommé Papaturro aussi) la surprise est tout aussi bonne puisque nous arrivons précisément le week-end de la fête pastorale annuelle ! Le long de l’unique et poussiéreuse ruelle du village s’égrènent les stands de nourriture et de bibelots, mais l’animation principale est surtout le concours local de rodéo… Que nous ne manquerons pour rien au monde !

L’arène n’est rien de plus qu’un cercle de tôles ondulées sommairement assemblées, juste assez hautes pour cacher la vue, mais les plus courageux grimperont aux arbres alentour pour profiter du spectacle gratuitement…
Nous avons un regard amusé sur la fête, entre l’arène de bric et de broc et les bœufs qui ressemblent à des vaches indiennes léthargiques… Presque des airs d’Interville !
Pourtant quand la barrière de bois s’ouvre les bêtes sont le plus souvent déchainées et c’est finalement plutôt impressionnant de voir les jeunes du village les chevaucher et se transformer en pantin sous leurs cabrages. Un bœuf détruira même violemment une des barrières…

DSC_2499 [1280x768]Seuls les jeunes tentent l’aventure, en marcel, jeans, gros ceinturon et santiags, les jambes arquées, les bras arrondis autour du corps, la clope au bec ils traversent l’arène comme sur un podium et attendent leur tour assis sur la plus haute barrière. De vrais cow-boys sans chapeaux…
Un animateur se charge de pimenter la lutte, mais il est aussi là pour meubler la longue attente entre chaque chevauchée. Il en profitera donc pour saluer et interpeller les visiteurs français venus assister à la fête !

Quand la nuit tombera (sans qu’un éclairage décent prenne véritablement le relai) et au 16ème bœuf nous finirons par nous lasser un peu du show…

Presque à cheval entre Costa Rica et Nicaragua à Papaturro on parle en dollars mais aussi en colonnes et en cordoba et il est impossible de déterminer qui vient d’où ! Même si nous ne passons pas inaperçu nous ne sommes pas pour autant les gringos du week-end et n’avons ni le sentiment d’être traités en touristes à dollars, ni celui d’être particulièrement observés.
Le centre écotouristique ou nous dormons ressemble à une station en pleine jungle : les aménagements sont surélevés et les toits ne jointent pas, l’électricité n’a cours que 2 heures par jour de 18 à 20h et quand nous arrivons il n’y a même pas d’eau… Mais les lieux sont enchanteurs, après l’agitation costaricienne nous retrouvons une vie plus proche des locaux et pour le coup de la nature puisque le centre est en pleine réserve.
Nous allons donc la visiter, bien sûr, et si les ponts suspendus, la jungle et la station météorologiques sont sympathiques, pas de quoi non plus en faire un incontournable…
Peut-être avons-nous vu déjà trop d’animaux ailleurs ? Blasés ?

La fête du village aura été pour nous le charme et l’intérêt principal de Papaturro. Le trajet retour aussi d’ailleurs : pour celui-ci nous devrons marcher une vingtaine de minutes pour accoster sur le bateau à un endroit plus profond !

 

DSC_2615 [1280x768]

 

Le Sud du lac est aussi réputé pour le Rio San Juan et ses rives, charmantes et sauvages.
Allant du lac à la côte caraïbe du pays il fut pendant un temps une alternative possible au canal de Panama.

A los Sabalos, petit village de terre rouge à l’embouchure de la rivière du même nom et du Rio San Juan, nous nous sentirons des cibles.
Seuls visiteurs étrangers ici encore, on nous propose très vite un tour et on poussera le zèle jusqu’à nous suivre à notre hôtel pour ne pas que nous oublions « l’hospitalité locale » ! Mais nous sommes têtus et tachons d’être autonome… Nous tentons de louer des kayaks à une lodge, qui préfère les réserver à ses hôtes (notons que l’hôtel est alors vide…), nous obligeant ainsi à revenir vers notre « comité d’accueil » et lui louer une barque de bois type canoë à l’équilibre plus que douteux !
Nous aurons au moins eu le mérite de marcher un peu à travers champs, de vivre 30 minutes de pluies tropicales puis de naviguer sur la rivière Sabalos…

Nous n’irons pas au-delà d’El Castillo, prochain village sur le Rio. Et ce n’est pas faute d’avoir essayé…
La réserve de l’Indio Maiz un peu plus loin offre de belles possibilités de randonnées, mais non content d’être le 1er Mai (jour du travail tout aussi respecté ici), nous sommes là lors des 2 jours du tournoi de baseball local… Condamnés donc à errer dans le village…

DSC_2773 [1280x768]Et qui s’en plaindrait, il est charmant, et semble partagé entre différentes racines : on y sent déjà les caraïbes au travers des maisons de bois colorées… La vie se fait sur la rivière, les hôtels, comédors, restaurants ont tous leurs terrasses sur le bruyant Rio et les agrémentent de hamacs, mais surtout ici de rockings chairs…
On y resterait bien mais le timing est plus serré pour Nono venu seulement pour 3 semaines…
Nous profiterons donc de ce rythme languide propre au village un 1er Mai et à la chaleur des jours, explorant rues, rives et champs, allant jusqu’à essayer de comprendre les règles du baseball… Sans en saisir toutes les subtilités…  

 

Sur la rive opposée, et à 6h de bus, Granada est aussi en bordure de lac et c’est la ville coloniale du pays, l’une des plus charmeuses que l’on ait vu. Un peu schizophrène aussi tout de même…
Elle a probablement les plus beaux, les plus colorés et les mieux restaurés des bâtiments coloniaux mais majoritairement concentrés dans un secteur presque aseptisé…
A quelques rues de là le « vrai » Granada : ses rues sales et envahies, ses trottoirs disparus sous les stands et leur musique criardes, son marché de guingois… L’image même des villes grouillantes de l’Amérique centrale.
Si la chaleur écrasante des jours garde tout le monde au chaud et fait paraitre la ville morte, dès la fin d’après-midi les immenses portes de bois s’ouvrent sur des salons et des cours intérieures vastes et aérées, et les habitants sortent dans les rues leurs rocking chair, observant (et devenant) les distractions de la rue.

 

DSC_2843 [1280x768]2 jours seulement à Granada… C’est bien peu pour nous et ce rythme commence à nous peser, trop habitués que nous étions à ne pas passer moins de 4 ou 5 jours au même endroit…
Ayant, pour une fois, un hôtel avec cuisine nous en profiterons pour recréer notre petit quotidien et faire découvrir à Nono nos guacamoles, nos tostadas et nos quesadillas, abandonnées depuis le Guatemala…

Il nous faudra également un jour de relâche complet sur place pendant que Nono visitera les environs, et une fin de journée à découvrir la ville au coucher du soleil en renouant avec la photo de rue pour reprendre notre souffle…  

 

Un séjour de quelques jours sur l’île d’Omotepe nous fera une nouvelle fois naviguer sur le lac.

Petite île de 270km² elle est le résultat de 2 volcans réunis par un isthme étroit en son centre. Nous y aurons presque l’impression d’être en bord de mer et ne pourrons résister à l’envie de gouter l’eau du lac, qui n’a rien à envier à celle de la mer des caraïbes… Si… Sa transparence !
Cela fait des semaines que la chaleur nous écrase, à tel point que nous avons déjà accueilli à 2 reprises la pluie tropicale avec joie et que les douches, inexorablement froides, de nos hôtels nous ravissent. Les nuits sont parfois rudes tant la chaleur est suffocante.

Mais arrivés à Charco Verde, au Sud de l’île, le vent quasi permanent nous réconciliera avec la saison ! Et les lieux sont idylliques : derrière notre hôtel le majestueux volcan Conception nous offre tout le long de notre séjour une superbe vue sur son sommet sans nuage, face à notre chambre le lac et sa petite plage de sable, des manguiers partout alentour et un chemin côtier qui mène au parc naturel et sa lagune. Le village, sur la seule route bitumée de l’île, est constitué de maisons éparpillées, quelques sommaires boutiques, un ou deux comédors et des champs… Les hommes sont à vélos ou à cheval, les vaches, bœufs, poules et porc se promènent librement, les champs sont secs, le soleil est de plomb et ici aussi on pourrait se croire au pays des cow-boys.

 

DSC_3078 [1280x768]

 

Au petit matin, sur les coups de 5h après une nuit enfin agréable, lever de soleil sur le lac… Une véritable opération séduction !
Les chevaux vont des champs au parc en empruntant le sentier de l’hôtel juste devant notre chambre, les troupeaux de vaches sont menés au lac pour boire à la fraiche, et les femmes du village sont déjà là, en train de laver le linge de la famille sur leur « établis », debout, les jambes dans l’eau… Parfois le lac rejette un tee-shirt ou un short. Et c’est encore mieux de l’autre côté, au coucher du soleil avec une vue sur les deux volcans.

 

Nono et Nico monteront justement le Maderas, une marche saine mais un peu décevante : pas de vue durant l’ascension et pas de vue non plus au sommet… Juste la satisfaction d’avoir oxygéné ses muscles et la découverte de la lagune dans le cratère du volcan.
Quand nous quittons les lieux c’est, pour une fois, sans sentiment de frustration et sans penser y revenir, nous avons ralenti un peu et avons profité d’un lieu apaisant.

 

D’autant que nous quittons le lac pour aller vers un autre univers aquatique : les îles des caraïbes…

5 commentaires à propos de “Autour du Lac Nicaragua

  1. Wouhou!!! Toujours encore et for ever un plaisir de rêver avec vous! En tournée vers paris et le grand nord entre cerise et festival de cannes!  » la vue est belle quand on l aime »…. Vous lme donnez quand même envie de repartir!!! Tendresse! Valerie

  2. Ton descriptif et les photos ressemblent vraiment aux paysages que l’on rencontre au Costa Rica et notamment à Tortuguero. Cette foret luxuriante avec toute cette faune et cette flore c’est magnifique et impressionnant.

  3. Pap

    Après le farniente du Costa Rica, les affaires reprennent.

    Bonnes découvertes !

    Pap

  4. Laplaze mam

    Quel régal que ces balades! et la photo des vaches au bord du lac au petit matin…

    Bonne continuation!

  5. Vous me donnez vraiment chaud avec ces articles. Je sens même l’humidité.
    Décidément pas pour moi ces destinations… et c’est parfait que vous y soyez et nous racontiez tout ça !
    J’attends les découvertes du Panama.
    Bisouilles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *