Bali des mers…

 

Bali, l’île des dieux… Dieux innombrables car ici, au contraire du reste de l’Indonésie, c’est un hindouisme propre à ces lieux qui est la principale religion.

Un peu perdus entre les représentations des démons, de Ganesh, de Vishnu ou de Shiva, pour nous Bali aura surtout eu 2 visages… Le Bali des mers et celui des terres…

 

Si le tourisme s’est tant développé sur cette minuscule île entre toutes (car l’Indonésie est composé de pas moins de 17.000 îles) c’est d’abord grâce à la mer qui l’entoure, qui fournirai aujourd’hui des spots de surf parmi les meilleurs au monde.

Tout commença à Kuta, petit village de la côte Sud-Ouest devenue la Mecque des jeunes surfeurs fêtards du monde entier et ressemblant étrangement à n’importe quelle ville champignon de bord de mer… Quelque chose entre le cap d’Agde et Rosas, croisé avec Ibiza…
En s’étirant vers le Nord de la baie, Legian puis Seminyak agrandissent la zone touristique en tachant de s’adapter à un profil plus bobo et par endroit même VIP…
Vous n’échapperez pas dans tout le secteur aux groupes de fêtards tout justes sortis du lit sirotant à 16h leurs premières bières de la journée dans la piscine à débordement, sur fond d’une musique de club passée par un Dj qui fait semblant de s’éclater… Pas pour nous !
On est quand même allé y faire un tour pour voir ce qui attirait la foule et on doit reconnaitre que la plage est l’une des plus belles de Bali, ce qui n’est pas suffisant pour nous faire rester là !

Plus au sud, dans l’isthme qui relie l’île à la péninsule de Bukit, Jimbaran tente de se démarquer en enchainant les hotels-resorts de luxe en bord de plage. Côté rue la ville n’a aucun charme et une avenue très ressemblante à nos zones commerciales égrène les Pizza Hut, KFC et autres Mc Do désormais indispensables à satisfaire les touristes…
Le soir la plage s’anime et tous les restaurants proposent des plateaux de fruits de mers, les pieds littéralement dans l’eau puisqu’au fil du repas la marée monte inexorablement !

 

En revanche, en descendant sur la péninsule de Bukit, la côte ouest change quelque peu.
Là aussi les spots de surf sont bien présents mais au pied de falaises vertigineuses et battue par une mer agitée. L’un des temples les plus emblématiques de l’île se trouve sur cette pointe sud-Ouest déchirée : l’ Ulu Watu, accroché à la falaise, envahi de macaques chapardeurs, il est encore plus mystique au coucher du soleil alors que se préparent les cérémonies de la pleine lune…

 

DSC_9216 [1024x768]Car les cérémonies, bien plus qu’une pratique religieuse, sont un véritable mode de vie ici, un rituel du quotidien qui se manifeste en particulier au travers des nombreuses offrandes déposées plusieurs fois par jour au pied d’autels, de statues ou devant les temples.
Elles sont présentées dans une petite coupelle en feuilles de palmier et contiennent des fleurs, une cigarette, du riz, une sauce, un bonbon ou un biscuit et sont surmontées d’une ou de plusieurs tiges d’encens.
Il y en a partout, y compris sur les routes et trottoirs, il n’est donc pas rare de les voir écrasées et éparpillées en quelques minutes, ainsi que grignotées par quelques oiseaux, chats ou chiens à l’affut d’une minuscule part de biscuit.
Avant de déposer cette offrande on se revêt d’un sarong (sorte de paréo traditionnel) et asperge l’autel ou la statue d’une eau par des gestes lents, délicats et arrondis. Nous avons d’abord presque cru à une mise en scène pour les touristes tant cela était gracieux et chorégraphié… Mais non, ici les gestes sont aussi beaux que les offrandes, et la spiritualité semble être un usage plus qu’une religion.

 

La côte Est, bien moins fréquentée, sans doute parce que ce n’est pas là que se concentrent les meilleurs breaks de surf ni les meilleures plages, est bien différente et a eu notre préférence sans aucun doute !

Nous avons choisi Sanur comme étape en sortant de l’aéroport tant pour nous que pour nos nouveaux visiteurs (la maman de Nico et son compagnon), et nous y sommes revenus lorsque nous avons dû prolonger nos visas et transiter vers d’autres destinations.
Si en soi cette ville n’est rien d’autre qu’une station balnéaire artificielle elle est tout de même plus calme et agréable que ses acolytes jeunes et agitées de l’Ouest (nous vieillissons !) et si la plage n’a rien d’extraordinaire le vent souffle assez pour observer régulièrement ce que les locaux préfèrent généralement au surf : le cerf-volant.
C’est là aussi que nous pourrons aborder la cuisine indonésienne, l’accueil, le sourire et la gentillesse des balinais et séjournerons quelques jours dans un homestay (chez l’habitant).

 

Mais il faut bien le dire, en débarquant nous fûmes aussi emballés par les sourires et le folklore que déçus par les nombreuses et insistantes sollicitations des vendeurs, taxis et autres rabatteurs en tout genre.
On vous hèle dans la rue (quand on ne vous crie pas dessus !) sans un bonjour ni un sourire « Taxi ? Transport ? Hôtel ? ». Bali est un énorme gâteau touristique et chacun semble en vouloir sa part (ce qui se comprend), malheureusement, cela rend les rapports bien difficiles, voire quasi inexistants avec les locaux.
La négociation, qui ici s’apparente plus à de l’arnaque, est permanente et épuisante. En bon voyageurs économes (à tendance radins…) nous en avons l’habitude, mais si dans les pays du Maghreb elle s’est élevée au rang d’art et se pratique avec convivialité, respect et humour, ici elle est malice et parfois mépris. Dommage…
Tout est payant, le moindre parking, le moindre accès à n’importe quelle plage ou cascade et par endroit on jurerait qu’un local sans scrupule s’est attribué unilatéralement le droit d’exploiter un coin de nature dont il a fixé un prix d’entrée exagéré ! Finalement les meilleurs sites que nous ayons vus étaient officiels et bien souvent les moins chers…

 

DSC_9695 [1024x768]Au large, à seulement une heure de bateau de Sanur la petite île Nusa Lembongan se dessine. Nous y allons sans trop savoir ce qui nous attend, appâtés par les sites de plongées présumés les meilleurs de Java à Lombok…
Et ce sera une découverte formidable et préservée, notre coup de cœur des mers balinaises.
Bien sûr, ce potentiel n’a pas tout à fait échappé à la ruée touristique mais l’île est loin d’être envahie et bénéficie d’une ambiance et d’une vie bien à elle que les visiteurs n’entachent pas encore.
Quelques hôtels et restaurants pour tous les gouts ponctuent le bord de mer, les différentes baies et criques sont désormais découvertes mais restent assez épargnées et les villages sont toujours le domaine réservé des locaux.
Il faut dire que les environs sont connus pour les vents violents et les courants forts, qui rendent de nombreuses plages impraticables à dangereuses mais idéales pour les surfeurs, qui ne sont pourtant pas légion encore.
La culture de l’algue fut pendant bien longtemps le revenu principal de l’île, tout autour et le long de la baie de Jugungbatu dès l’arrivée, la mer translucide révèle de nombreuses parcelles à quelques mètres du rivage. En parcourant l’île on les voit (et on les sent !) également sécher au bord des routes et dans les villages. A marée basse les femmes descendent les récolter, portant de lourds paniers sur leurs têtes.
Par une immense chance, ou parce qu’ici tout est beau (sentez-vous l’objectivité dans ce propos ?), ce moment coïncide avec le coucher du soleil sur la plage et une vue spectaculaire sur le volcan Agung au loin… Tout simplement magique et envoutant !

Peu de voitures sur l’île, et le scooter nous permettra d’en faire le tour en découvrant sur ces seulement 8km² une variété de paysage et de scènes étonnantes : de la mangrove au désert de sable, des villages de bambous poussiéreux aux criques avec villas de rêve mais surtout aux falaises spectaculaires.
Sur quelques dizaines de mètres de côte, Devil’s tears nous offre l’un des meilleurs spectacles que la nature peut donner : des vagues de plusieurs mètres de hauteur, poussées par des vents violents viennent s’écraser sur les falaises dans des tons variant du bleu glacial à l’outremer, et rejetant leurs embruns sur nos faces ébahies. Nous y passerons un long moment, complétement subjugués et y reviendrons même !

Mais ce sont précisément ces mêmes conditions météos, si excitantes pourtant, qui nous empêcherons de plonger avec des bans de raies Mantas de plusieurs mètres et de voir le célèbre Mola-Mola, fascinant et mystérieux poisson lune gigantesque.
D’autres sites nous offrirons quand même, et de loin, nos meilleures plongées, sur des récifs coralliens vibrants de vie, colorés et variés. Et même s’il n’y a guère plus à faire dans les environs, c’est avec un petit pincement que nous quittons cette petite île, se promettant d’y revenir, les raies Mantas comme excuse, mais avec l’envie d’explorer plus, notamment jusqu’à sa grande voisine Nusa Penida encore isolée.

 

Retour sur l’Est de Bali, Padangbai est un petit port qui chaque matin accueille des centaines de touristes endormis en route vers Lombok ou les îles Gilis. En dehors de ces 2 heures d’agitations matinales ou chacun cherche sa place, tache de se réveiller en douceur ou poireaute debout en plein soleil pour s’entasser dans un bateau rapide tracté par 6 à 12 moteurs, c’est un endroit calme et reposant. L’étroite plage envahie de jonques colorées n’invite pas à la baignade mais autour, quelques criques promettent mieux.
On ne devinerait jamais en arrivant dans la fin d’une matinée léthargique, ni en voyant l’étroite rue principale et le petit port que tant de gens passent par-là chaque matin ! Une fois le soleil couché on en prend encore plus la mesure : les rues ne sont mêmes pas éclairées et les restaurants se vident dès 21h !

Nous y passons 3 calmes et agréables nuits, explorant en journée à scooter les environs (à suivre dans un prochain article) et observant avec moquerie chaque matin le ballet des shuttles-bus et fast-boat ! Pas joli de se moquer… D’autant que notre tour viendra !

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Car il est une chose compliquée à appréhender à Bali : les transports !
Nos 7 mois d’Amérique centrale et le réseau japonais ou malaisien nous ont certainement mal habitués… A Bali n’espérez pas trouver un réseau de transport digne de ce nom. Si des Bémo (camionnettes) circulent entre certaines villes vous ne pourrez pas échapper pour d’autres destinations aux minibus touristiques (à prix touristes) ou à la voiture privée. De fait le budget transport est probablement plus important ici que dans d’autres pays dotés de transport publics… Et là aussi, bien entendu, c’est l’occasion de vous faire payer toujours plus !
Avant chaque étape nous devons donc passer un temps considérable à trouver notre futur transport et faire le tour des rabatteurs ou agences pour trouver le meilleur prix. Cela fini par être usant…

 

En remontant le long de la côte d’Amed nous nous arrêtons dans la baie de Jemeluk, au Nord-Est de l’île et à l’ombre du majestueux volcan Agung, point culminant de l’île. Souvent entouré de brumes et de nuages il a la bonté de se montrer nu au petit matin et offre, de la plage comme du promontoire à la sortie du village, une vue superbe, en particulier au petit matin.

Peu fréquentée aussi, la petite plage de galet accueille de nombreuses jonques de pécheurs colorées, que nous retrouverons un peu partout à Bali, la baignade se fait donc entourée de ces monstres de bois dans une eau translucide et parfaite !
Beaucoup plus sèche et déserte, cette partie de côte balayée par les vents nous ravira particulièrement, explorée en scooter aussi jusqu’à Ujung plus au Sud ou nous visitons l’agréable palais aquatique construit par le dernier roi. La route est ponctuée de petits hameaux et villages isolés paraissant bien pauvres…

On dit que cette partie de l’île fut longtemps ignorée du gouvernement qui aurait cru jusque dans les années 90 qu’elle ne pouvait être habitée par des humains !

Côté Nord-Ouest le Liberty, un cargo américain torpillé par les japonais en 1942, repose au fond de la mer de Bali à quelques 50 mètres du rivage. C’est l’un des endroits les plus prisés pour la plongée et l’une de nos meilleures plongées du voyage… Dixit Nico qui s’y est régalé, pendant que j’attendais sur la rive, frustrée par une oreille bouchée, mais qui me donnera sans doute une nouvelle excuse pour revenir !

 

 

C’est d’Amed que le bateau nous mène vers Lombok, en passant par les îles Gili, l’occasion d’avoir un aperçu de ces petits îlots à l’eau turquoise que nous visiterons plus tard…

2 commentaires à propos de “Bali des mers…

  1. Mathias Mathias

    La lecture de ton article est super plaisante. Ça me replonge dans le voyage qu’on y a fait. Je partage à 100% ton ressenti sur cette île et , du coup, j’ai super hâte de lire la suite.
    Et sinon, vous n’êtes pas passé à Ubud ? Vous n’aviez pas envie de le faire ? Ou vous prévoyez d’y passer plus tard en même temps que Jatiluwih et Munduk ?

    • Cam Cam

      Ça vient, ça vient, dans un article « Bali des terres » ! Mais avant, Lombok !

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