Bilan Guatemala

 

C’était là que nous avions initialement prévu de débuter notre voyage et nous avions de grandes attentes…

Le bilan ?

* 58 jours sur place, environ 2390 km parcourus, 63h30 de bus (dont 1 bus de nuit d’environ 8h), 4h30 de bateaux ou lanchas, des chicken bus en pagailles, des micro-bus (sorte de vans), presque 71h de randonnée en montagne et/ou jungle et encore de multiples heures à arpenter les villes et les sites mayas !

 

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Carto - Guate

 

* Pour un Budget total de 2400€ (trek au Mirador compris) soit 21€/jour/personne en moyenne : moins de 6€ de logement/j/pers et environ 5,50€/j/pers pour se nourrir (et boire un coup !). Avec parfois des chambres à moins de 4€/pers et des journées nourriture à moins de 2€ !
Les cours d’Epanol à Xela : ma semaine de 25h coûtait 85 €… Moins de 3,50€ l’heure…

 

La cuisine locale :

Le Mexique avait bien introduit les bases de la gastronomie en Amérique centrale. Pour autant, ce n’est pas tout à fait aussi varié au Guatemala.

Le maïs est l’ingrédient de base dans tout le monde maya (la légende dit que les hommes seraient fait de maïs) et les tortillas de maïs sont un peu notre pain français. Elles accompagnent tout repas traditionnel.
Le desayuno (petit-dejeuner) et la cena (diner) chapin (comprendre guatémaltèques donc traditionnel) sont bien souvent identiques : œufs brouillés, frijoles (haricots rouges, souvent en purée), riz (pas toujours) et tortilla… A l’almuerzo (le déjeuner) on prend bien souvent un pollo (poulet) frito ou en sauce, accompagné de riz et/ou de frijoles et toujours des tortillas.
Dans les régions relativement pauvres et pas forcément très touristiques (comme Todos Santos ou Nebaj par exemple), on peut avoir du mal à varier ses repas…
Et c’est comme ça que je me suis écœurée du poulet, en en mangeant tous les jours pendant au moins 10 jours…

En revanche on a bien vite adopté le desayuno, en faisant une institution et le partageant…

 

 

Et c’est comme ça qu’en quittant le pays on avait une petite bouée sur le ventre…

 

DSC_0556 [1280x768]Dans d’autres régions on trouve des choses plus variées, notamment des tostadas : très fines galettes de maïs craquantes et garnies, des chile relleno (sortes d’accras ), des barbecues d’autres viandes que le poulet et sur la côte caraïbes, si différente du reste du pays, les grandes tortillas de harina (comprendre blé) fourrées de viande, frijoles, petits oignons et salade de crudité, et les tapados, soupe de poissons au lait de coco.

 

La curiosité culinaire

Nous l’avons baptisé « le sandwich que tu n’oserais même pas te faire chez toi » : Faites revenir dans une poêle bien grasse des rondelles de knackis, du blanc de poulet effilé, du bœuf et du porc en petit morceaux et des oignons émincés. Dans un pain lui-même revenu sur un bon fond d’huile glisser une tranche d’épaule bien grasse, et ajoutez votre précédente préparation. Agrémentez de beaucoup de mayonnaise et de ketchup… Dégustez, et regardez votre silhouette vous échapper… Ceci se vend dans les stands de rue, si si !

 

Les boissons

On parle beaucoup de l’Amérique centrale et en particulier du Guatemala, pour son très bon café, sur place on a beau le cultiver, on n’a pas pour autant la « culture » du café comme nous pouvons l’avoir. Le bon café est destiné à l’exportation et l’expresso est bien souvent pour les guatémaltèques quelque chose d’imbuvable.
Aussi, dans la plupart des comedors et stands de rues, quand vous prenez un café il faut vous attendre à ce qu’il soit très léger, très souvent sucré et additionné d’un petit gout de cannelle ou de vanille, cerise sur le gâteau, souvent c’est de l’instantané !
Une hérésie pour les puristes (dont Nicolas), mais un vrai plaisir pour moi !

La culture du chocolat chaud en revanche est bien ancrée dans les régions froides des hautes terres. Il y est difficile de trouver du chocolat en barre à manger mais il y a partout de l’excellent chocolat en barre spécial : à dissoudre dans de l’eau ou du lait. C’est la famille de l’hôtel Nim Sut à Xela qui nous y a initié et je suis devenue accroc, moi qui ne buvais plus de lait depuis… Si longtemps !

 

L’animal rigolo

DSC_0638 [1280x768]Le Kinkajou : curieux petit mammifère qui vit uniquement en Amérique centrale et en Amazonie, essentiellement en forêt donc, et nocturne. Nous en avons croisé un, nommé Toto dans un hôtel à Rio Dulce. Il lui manque les ¾ de sa queue qui sont normalement comme un 5eme membre et lui permet de s’accrocher n’ importe où. Il s’accroche un peu n’importe comment aussi avec ses pattes arrières et descend toujours la tête en bas par exemple. Celui-ci, presque domestiqué, mascotte de l’hôtel, n’a peur de personne, se laisse caresser, joue, monte sur votre table, vole votre nourriture, et semble particulièrement adorer la bière (ben oui, il y a bien des touristes idiots qui ont eu l’idée de lui en donner…).

 

La « «tradition » pas si sympa : Le port d’armes exagéré

Du moins pour nous c’était vraiment exagéré : on peut voir devant chaque banque, mais bien souvent aussi devant chaque administration, des boutiques lambdas ou des restaurant tout à fait respectables, des hommes en arme, mais pas juste un pistolet à la taille ! Non, un énorme fusil à pompe ou une kalach tenue à la main, prêt à intervenir…
Le comble ? Ils accompagnent bien souvent les camions de livraisons et sortent à chaque chargement-déchargement… Un peu comme les convois de fonds chez nous… Mais avec des bouteilles de Coca à la place des millions d’euros !

Pour autant, nous ne nous sommes jamais sentis en danger dans ce pays et si l’on doit pouvoir expliquer ça par la présence de gangs puissants (uniquement dans des grandes villes et des quartiers bien identifiés) et d’une histoire violente (longue guerre et luttes armées entre les militaires et le peuple) ça ne reflète pas du tout ce que l’on peut ressentir au quotidien…
Dans certains endroits touristiques des histoires (ou peut-être des mythes ?) perdurent encore sur des voleurs ou bandits qui détrousseraient les touristes, armes à la main…

 

Et en vrac tout ce qu’on a oublié de vous raconter :

* Les chiens sont les rats du Guatemala, ils trainent partout, affamés et abandonnés et se multiplient…

* Les guatémaltèques sont adorables et très polis, il est fréquent dans une rue de saluer toute personne que l’on croise…

* La foi est très présente aussi au Guatemala, mais sa visibilité la rend presque publicitaire : on peint sur les murs extérieurs des phrases entières des évangiles, des prières, on place des autocollants de Jésus ou Marie sur des fenêtres ou véhicules, et les fameuse bénédictions sur les bus, taxis ou voitures…

* Le Guatemala produirait l’un des meilleurs rhums au monde : le Zacapa, honte à nous, nous ne l’avons pas gouté ! En revanche nous avons gouté l’alcool « du pauvre », le Zacateca, très ressemblant à de la mauvaise eau de vie !

* Les Guatémaltèques sont souvent très apprêtés, plutôt bien habillés et soucieux de leur apparence. Dans les régions rurales cela se reflètent par les habits traditionnels avec de très beaux et très colorés tissages fait mains, les femmes gardent les cheveux très longs et rarement attachés (et on a jamais vu la véritable couleur noire tant que l’on n’a pas vu une chevelure de femme maya…).
Mais il est une mode qui nous a plus surpris : celle des décos ou bijoux de dents. On se couvre toute une dent ou plusieurs d’une fine plaque dorée (et parfois vraiment de l’or) ou on marque juste le contour de la dent (cela fait donc une sorte de rectangle autour de la dent), ou finalement on y met juste une étoile… Perplexes…

* Tout se porte sur la tête, mais vraiment tout ! Des bassines d’eau, les sacs plastiques de courses pleins du supermarché, le sac d’oignons de 5kg dont, au pire, on place l’anse autour du front… Les guatémaltèques disent que c’est pour cette raison qu’ils sont petits…

 

Et puis on a fait l’impasse sur nos 10 derniers jours… A l’Est du Guatemala, près de la frontière du Honduras on a découvert encore un autre visage du pays.

Sur le Rio Dulce, à l’embouchure du lac d’Izabal, plus grand lac du pays, c’est dans un monde de mangrove que nous avons évolué quelques jours, sur un hôtel fait de passerelles au-dessus de l’eau.
Çà et là les superbes voiliers et yachts mouillent pour éviter les terribles ouragans des caraïbes.
C’est là aussi que nous avons croisé Toto, Valérie, Morgane et Pépita et que nous avons tous du passer pour des dingues lors d’une partie de Time’s Up endiablée !

 

 

Là où le Rio Dulce rejoint la mer des caraïbes se trouve Livingston, une enclave garifuna, complètement isolée du reste du pays : aucune route n’y mène.
Les garifunas sont les descendants d’esclaves africains déportés dans les caraïbes et qui se seraient évadés et répartis sur toute la côte et les iles environnantes. Livingston est donc un intéressant mix de guatémaltèques mayas et de noirs garifunas.

La culture, la musique et la gastronomie s’en ressentent. Mêlé à une chaleur incroyable et écrasante il règne une indolence dans laquelle on s’est bien volontiers laissés bercés.

Même si nous ne sommes pas particulièrement amateurs, nous avons aussi vu là quantités d’aigrettes, de pélicans….. Et nous y avons, bien sûr, gouté à la douce mer des caraïbes à 28°C…

 

 

 

Mais ce n’est qu’un début, le Honduras et ses iles nous attendent, nous sommes loin d’en avoir fini avec les caraïbes !

 

Le vrai bilan ? On a adoré ce pays, on y a vécu une aventure qui marquera tout notre voyage : El Mirador, on y a aussi fait des rencontres, tant locales qu’internationales, riches et qui, on l’espère, vont durer.

 

Ah oui… Et il faut absolument qu’on revienne, il nous manque tellement de choses à voir encore !

6 commentaires à propos de “Bilan Guatemala

  1. annoMali

    Un proverbe gitan dit : « Tout ce qui n’est pas donné ou partagé est perdu . »
    Merci encore d’avoir fait le choix de nous « culturer »..
    Je vais m’endormir moins bête ce soir…
    Continuez à bien vous sporter .

  2. Aurore

    Hello vous deux,
    Merci de nous faire partager vos découvertes et vos nombreuses aventures. C’est un véritable plaisir de vous lire et d’avoir de vos nouvelles!! Ça donne envie ;)
    Des bisous de nous trois

  3. Monique Leclerc

    Hola!
    J’ai lu avec grand intérêt votre bilan sur le Guatemala car il diffère du mien. J’ai l’impression que vous l’avez vu d’en haut tandis que je l’ai vu d’en bas. Vous avez pu visiter et explorer ses sommets tandis que je suis restée à raz les pâquerettes. C’est à mon avis un pays géographiquement magnifique mais socialement dans une impasse dangeureuse qui appelle à la rébellion à court ou moyen terme.
    Je me suis fait demander fréquemment de l’aide pour sortir du pays pour venir travailler à la plantation et la récolte dans les fermes du Québec. J’ai référé les associations à l’excellent documentaire; » Esperanza » sur la situation réelle d’une telle entreprise pour donner l’heure juste, somme toute une solution parmi d’autres.
    Mon bilan: mon cœur a saigné à maintes reprises malgré quelques épisodes de bon temps.
    P.S:Je vous ai suivi de près à la Casa Perico de Rio Dulce où j’ai rencontré  »Toto », la mascotte des lieux. qui malgré son plaisir à mordre a fini dans mes bras dans le hamac à se faire chatouiller. Saviez-vous que les scientifiques n’ont pas encore pu déterminer à quelle espèce il appartient réellement? Un joyeux mélange de singe, de fourmilier, de lémurien et d’ours.
    Bonne continuation à vous deux con muchos abrazos.
    mo

    • Cam Cam

      Hola !

      Ton retour diffère en effet du notre ! Si nous avons bien rencontré un pays et des gens pauvres, qui voyaient en effet les États-Unis comme un Eldorado nous en avons rencontrés autant qui y avaient vécu, y avaient travaillé dans les champs mais en étaient revenus : trop dur, trop difficile et pas tant d’argent que ça pour être clandestins et loin de sa famille et de son pays…
      Pour nous cela s’apparente beaucoup à la relation Mahgreb ou Afrique avec l’Europe…
      Peut-être sommes nous trop habitués…
      Et nous n’avons pas ressenti tant que ça non plus le sentiment de rébellion, si les gens se plaignent ouvertement du gouvernement, de la situation je les ai trouvés au contraire plutôt fatalistes. Mais ça aussi c’est peut-être parce qu’en tant que français la rébellion est dans nos gênes et nous sommes plus extravertis et expressifs lorsque nous sommes vraiment mécontents ;-)

      Prépares ton petit cœur si tu vas au Honduras… Ça ne s’annonce pas plus facile mais c’est un pays aussi riche de bonté et de belles gens que le Guatemala.

      Besos

  4. Yvette

    Bonjour les deux voyageurs !
    Je suis à la bibliothèque de Villepreux avec Myriam.
    Et j’apprécie votre périple au Guatémala.
    Continuez bien et à bientôt
    Gros Bisous. Mamé Yvette

  5. Dominique et Yves

    Encore un petit moment d’évasion avec vous ! Cet hôtel sur pilotis fait fichtrement envie !!! Une nouvelle fois merci pour ces beaux textes bien écrits et pour ces photos magnifiques.
    Très grosses bises et à bientôt au Honduras…

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