Derniers pas en terre Maya

 

L’Ouest du Honduras est la dernière région pouvant revendiquer son appartenance au territoire Maya. Nous allons donc clôturer là 4 mois d’errance sur les terres de l’une des civilisations les plus mystérieuses au monde.

 

Copán

Après la visite du Mirador et de Tikal nous pensions éviter le site de Copán, certains d’avoir déjà vu le meilleur…
Ce n’est pas faux ! D’un autre côté, pour les 3 mois à venir c’en est fini des vieilles pierres…

Copán apporte un complément qui manquait jusque-là aux autres sites : des stèles ouvragées de parfois plus de 2m50 de hauteur et le fameux escalier hiéroglyphique qui est au monde maya ce que la pierre de Rosette est à la civilisation égyptienne.
Les plus : une exposition d’introduction très intéressante et une expo photo sur la période des découvertes (fin du 19ème s).

On retiendra en particulier l’histoire de cet escalier hiéroglyphique : un escalier dont les contremarches sont sculptées de glyphes mayas et qui, comme un manuscrit, un livre racontait une histoire.
Une partie de ce dernier était en excellent état de conservation lors de sa découverte mais écroulé. Il a donc été ré-assemblé, en dépit du bon sens, et ne signifierait plus grand-chose aujourd’hui !
On sait tout de même qu’il racontait le règne des nombreux rois de Copán aux noms improbables : Tête-Mate, Jaguar-Nénuphar, Coquillage-Fumée…
Sur le site se trouvent toujours les pierres d’origines, quasiment illisibles, le temps et l’érosion depuis leur mise au jour leur ayant fait plus de mal que des siècles d’ensevelissement…

 

Comme dans tout le monde maya les théories de l’effondrement de cette civilisation sont les mêmes, un mélange de catastrophe écologique induite par la déforestation massive, la surexploitation des sols, l’érosion, les inondations importantes et une probable crise sociale et politique…

 

Mais Copán c’est aussi le village situé à 1km de là, qui par chance est en fête lorsque nous y arrivons.
Une vallée entourée de champs, un Parque Central charmant, des rues pavées, des hommes aux airs de cow-boys : chemises à carreaux, jeans et santiags, et assez peu de touristes… Il n’en fallait pas plus pour nous inciter à poser nos sacs quelques jours.

Ainsi nous avons profité de la fête du saint patron de la ville, de ses pétards, ses nombreux stands de rues, son élection de la Reina de la Feria junior, ses concerts de musique norteña, ses pommes d’amours et ses barbecues improvisés…
Nous en avons aussi profité pour visiter le parc des oiseaux, une très bonne surprise ou nous avons pu voir de superbes Aras et se faire agresser par le non moins superbe Toucan…

Dimanche, dernier jour de fête, et sous une chaleur écrasante toute la vallée s’est réunie là pour le marché, mais la ville est sans électricité de l’aube au milieu d’après-midi. Ce qui ne semble surprendre personne : c’est régulier… Quand finalement le Parque se vide en fin de journée, le silence règne sur la ville et nous nous sentons presque abandonnés !

 

La Ruta Lenca

A partir de ce dernier site nous prévoyions de suivre la Ruta Lenca (route Lenca), ponctuée de villages dans lesquels se trouveraient les descendants des derniers mayas de la région (le peuple Lenca) et ou subsisterait encore leurs traditions…

1ère étape à Santa Rosa de Copán, il n’y a pas grand-chose à y faire mais une atmosphère 100% locale et une certaine indolence dans le Parque Central à l‘heure de la sortie des bureaux et des écoles nous donneront envie de passer 2 jours à découvrir ses ruelles pavées et son petit centre historique ou çà et là demeurent quelques traces de la période coloniale.

 

 

La région est connue pour son café mais aussi et surtout pour sa fabrique de cigare : Flor de Copán. Si la marque elle-même ne fait pas grand bruit, l’usine, qui emploie quelques 800 personnes, produit pour de nombreuses marques plus connues. Le tabac vient d’un peu partout, et une fois finis, les cigares rejoignent les marques-clientes partout dans le monde. C’est le savoir-faire qui est apprécié ici, tout est fait à la main et il peut sortir plusieurs milliers de cigares de l’usine par jour !
La visite présente les différentes étapes du traitement, séchage et stockage des feuilles de tabac avant de passer au travail de fourmi effectué par les petites mains qui retirent le « nerf » de la feuille, roulent le cigare, y apportent la touche finale avec la dernière feuille et jusqu’à la pose de l’anneau, l’emballage et la mise en boîte qui se font également à la main.

Photos et vidéos interdites hélas…

Mais aucune trace des Lencas, ici aussi les cowboys sont maitres des lieux…

 

Suivra la petite et charmante ville de Gracias. Un centre-ville pavé aussi, la parfaite représentation de la petite ville coloniale, mais entourée de routes poussiéreuses.

Gracias a même été en son temps la capitale d’Amérique centrale. La légende dit que son nom fut trouvé par un capitaine espagnol qui se serait écrié après des jours de chevauchée dans ces contrées montagneuse : « Gracias à Dios que hemos allado tierra llana ! » (Grace à Dieu nous avons trouvé une terre plate !).
La ville rénove peu à peu ses bâtiments coloniaux et si peu de touristes s’y arrêtent aujourd’hui il y a fort à parier qu’un jour elle devienne un passage obligé.

Les environs ont également tout autant d’intérêt : Nicolas randonnera pendant près de 8h dans le Parque Natural Celaque et nous allons enfin trouver les 1ères traces Lencas dans le petit village voisin de La Campa. 1h « à dos de Pick-up » pour y aller, en mangeant la poussière et aussi à l’aise que sur un « tape-cul », mais surtout en profitant de vues superbes sur tout la campagne et les montagnes alentour.
Le village est minuscule mais adorable, et c’est dans le musée de la poterie que nous en apprendrons plus sur le peuple Lenca. Leur dernière tradition, semble-t-il, une poterie faite essentiellement par des femmes, des pièces de toutes tailles et de toutes formes, réalisées sans tour, tout à la main…

Au-delà de la tradition, subsisterait des cérémonies pour remercier la terre de ce qu’elle donne pour réaliser ces poteries, les évangélistes répriment donc, aujourd’hui encore, cette coutume de mécréants.

Ce qui, malheureusement, a poussé beaucoup de gens à abandonner cette spécificité culturelle.

 

 

Il se dit que c’est à la Esperanza que les habits traditionnels se laissent voir le plus facilement dans le grand marché du Dimanche, à 1h de Gracias et sur notre route vers le sud nous décidons donc d’y faire un saut.

Le marché du Dimanche a beau être très fréquenté, les seuls signes distinctifs que nous y verront sont des petits fichus presque unis sur quelques têtes… Plutôt décevants après les riches couleurs des marchés Guatémaltèques… D’autant que la ville de la Esperanza n’a absolument rien à offrir, nous la quitterons donc dès le lendemain.

 

En rejoignant Comayagua nous quittons la route Lenca mais découvrons la plus belle ville coloniale du Honduras, la plus agréable aussi et qui a su marier ses richesses historiques et une certaine modernité plus… chaotique !

Nous y passons quelques jours et y vivrons 2 moments particulièrement amusants et agréables.

A notre arrivée, alors que j’attendais dans le Parque Central, 2 journalistes m’abordent pour m’interviewer à propos… De football ! Ca ne pouvait mieux tomber, le Honduras affrontera la France lors du 1er match de la coupe du monde… Un formidable moyen d’échanger au quotidien avec les honduriens mais pas vraiment un sujet de fond pour moi !

Au même moment Nico rencontre Marteen, un belge que nous avions vu pour la dernière fois fin Décembre à Oaxaca au Mexique ! Une bonne et agréable surprise, nous passons donc la soirée avec lui et son compagnon de route Jonathan, américain mais de mère Costaricienne…
Et comment échangent un belge de langue flamande, deux français et un américain ? Ils se racontent les spécificités, l’histoire et les clichés de leur pays, avec beaucoup de recul et d’humour, et en español !

 

Lago de Yojoa

Nous avions un doute sur la suite de notre périple et c’est Marteen qui nous convaincra (très facilement) d’aller au Lago de Yojoa.

A seulement 1h de route de Comayagua, entouré de montagnes le Lago Yojoa est le plus grand du Honduras, et sans doute le site idéal pour observer les oiseaux. Par ailleurs, un américain qui ne parvenait sans doute pas à trouver de bonne bière dans le pays y a monté un hôtel et possède sa mini brasserie… L’occasion de gouter de la bonne bière…

Contre toute attente, nous trouverons là, sur le site archéologique Los Naranjos, quelques traces du passage des Lencas (un ou deux monticules cachant les restes d’anciennes pyramides).
Dans les villages autour on suivra les matchs de foot sur le terrain communal avec beaucoup de curiosité, on se baladera dans la finca de café proche et on tentera même une sortie en barque vers le lac depuis le canal proche de notre hôtel… Un moment qui aura bien fait rire les honduriens sur les rives et dans leurs bateaux de pêche : nous avons besoin de ramer à deux quand ils y parviennent seuls, et nous allons tout de même deux fois moins vite qu’eux…

 

Notre passage au Honduras prendra fin dans cette région, nous nous apprêtons maintenant à traverser le sud du pays et le Nicaragua pour rejoindre au Costa Rica nos premiers visiteurs : mes parents !

Un commentaire à propos de “Derniers pas en terre Maya

  1. Ah les sites Mayas, ils sont tous différents et ils ont tous leur spécificité. J’ai du en faire 5-6 au Mexique et j’ai toujours été impressionnée par leur architecture et leur environnement. Un régal pour les passionnés d’Histoire

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