Guide de survie en territoire japonais

 

Oui, le Japon a sans doute l’une des histoires et des cultures les plus riches et les plus mystérieuses du monde…
Mais pas que ! Le Japon c’est aussi un pays tellement éloigné de nos habitudes que le mode de vie et le quotidien de ses habitants est déjà une aventure !

 

Manger

DSC_5433 [1280x768]L’un de nos premiers « problèmes ». Car oui, quand tout est écrit en japonais la base même de la survie peut devenir complexe ! En plein Tokyo il nous est arrivé d’avoir du mal à trouver des menus anglais…
Fort heureusement les japonais ont développé tout un art autour de la présentation des plats. Devant la majorité des restaurants on trouve une reproduction en plastique ou en résine des mets servis ! Suffisamment réalistes pour réussir à se projeter et ne pas être déçus une fois à table !
A minima on trouve quand même assez facilement des photos des plats sur les menus à défaut d’en avoir le détail en anglais.
Aussi on en revient aux bases en pointant du doigt ce que l’on souhaite…
Plus étonnant, à l’extérieur de certains restaurants on trouve des machines ressemblant à des distributeurs. Sur chaque touche une photo de plat et son prix. Une fois le plat choisi et payé la machine vous délivre un ticket que vous présentez à l’intérieur du restaurant ou l’on vous servira.
Moins surprenant, car arrivés jusqu’à nous, les restaurants à Sushi dans lesquels vous vous installez autour d’un bar le long duquel défile des petites assiettes. Vous les choisissez puis les entassez et vous paierez en fonction du nombre d’assiettes vides.
On fait très souvent à manger devant vous au Japon, la cuisine peut être ouverte sur la salle et le cliché du cuistot avec son bandeau ou sa serviette sur la tête n’est pas un cliché !
Si l’on connait le Japon pour ses sushis, la gastronomie du pays est bien plus variée et la découverte permanente ! Nous avons souvent été frustrés de ne pas pouvoir tester des endroits qui nous paraissaient charmants et vraiment traditionnels à cause de la barrière de la langue. Si aucune photo, aucun descriptif anglais n’est disponible et si les serveurs ne parlent pas anglais, on appelle plus ça de l’aventure mais du risque dans un pays ou on mange aussi de la baleine, des tripes de porc et des cartilages de poulet…

 

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Dormir

Les auberges traditionnelles appelées Ryokan, permettent de véritablement vivre « à la japonaise » et c’est l’hébergement que nous avons privilégié.
Comme partout au Japon lorsqu’on entre dans une maison on se déchausse et on circule en sandales, sorte de chaussons mais rarement en feutre.
Les portes des chambres comme celles des placards et même, dans les plus vieux Ryokan de séparation avec les autres pièces, sont coulissantes et en papier de riz, la discrétion est donc de rigueur et la promiscuité parfois incontournable.
L’entrée, les couloirs et salons sont généralement en plancher de bois.

DSC_5515 [1280x768]En revanche, arrivés dans la chambre on quitte à nouveau ses sandales car les sols sont recouverts de tatamis. Le tatami, qui fait toujours les mêmes dimensions (91x182cm), est en soi une unité de mesure, une chambre ne fera donc pas 10m² mais 6 tatamis ! Habituellement une chambre classique en fait 6 ou 8.
Généralement se trouve au centre de la pièce une table (très) basse et des coussins ou petites chaises au ras du sol. Le soir, on pousse la table et on sort du placard les différents futons pour faire son lit. J’avoue avoir eu une certaine appréhension à dormir presque à même le sol… Très loin de nos matelas épais et douillets, la succession de futon (généralement 2 ou 3), combinée au sol de tatamis, est finalement très confortable et nos dos se portent très bien !
Par contre si vous souhaitez bouquiner un peu, boire un thé sur la table basse (offert tous les jours par votre hôte), rester un peu à l’abri les jours de pluie, vous finissez facilement par avoir des fourmis au bas du dos et enfin ressentir le manque d’un bon canapé…

Les futons semblent être à 1 place seulement, pas de futon double, pas de futon de couple, on ne partage pas son espace de sommeil semble-t-il… Autre fait étonnant, les futons sont généralement placés au centre de la pièce… Pour nous, adeptes des têtes de lit et de l’avachissement pour lire ou regarder un film ce peut être perturbant…

Dans les centres urbains on trouve un autre type d’hébergement que nous avons tenu à tester : les capsules ! Initialement conçus pour les hommes d’affaires (ou les fêtards) qui avaient raté le dernier train, ils sont donc minimalistes et comme leur nom l’indique il s’agit bien d’une capsule, une petite cabine de la taille d’un futon !
Finalement nous avons été agréablement surpris par le « confort » qu’offre cet hébergement, les cabines sont assez larges et hautes pour ne pas se sentir étouffés et les matelas valent bien un futon ! Qui plus est le prix est imbattable.
Seul hic, on dort entouré de quelques dizaines (voire une centaine) d’autres personnes, pas si loin des dortoirs que nous évitons depuis le début du voyage…

 

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Se laver

Les Ryokans sont dotés de salles de bains comme nous en rêverions par moment, mais elles sont toujours communes.
Le bain est aussi un art au Japon, pays qui compte des milliers d’Onsen : des bains publics d’eau thermale naturellement chaude, souvent en pleine nature.
Dans les Ryokans vous trouvez au rez-de-chaussée une à deux pièces destinées à la « cérémonie » du bain. Dans un premier temps vous vous douchez entièrement (pas les cheveux !), vous savonnez et vous rincez consciencieusement. Il y a généralement 2 à 5 douches dans cette pièce et sous chaque pommeau un miroir, un petit tabouret et un bac. Car on se douche en communauté et plutôt assis. Le bain, généralement dans une baignoire de bois, plus grande que les notre, est préparé à heures fixes par votre hôte et se prend généralement brulant.
Vous pouvez rajouter de l’eau froide, de l’eau chaude, mais une fois que vous avez fini votre bain, il vous est défendu de vider l’eau car les autres invités se baigneront dans le même espace…
J’ai souvent taché d’être la première, j’ai souvent renoncé face à la température trop élevée de l’eau, et au moins à une occasion j’ai vite abandonné en constatant que certains avant moi avaient peut-être été un peu légers sur le prélavage…
Après le bain vous revêtez le traditionnel kimono d’intérieur le Yukata et vous allez diner avec et prendre votre petit déjeuner le lendemain avec.

 

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Assouvir certains besoins

Les toilettes japonaises méritent à mon sens un prix Nobel ! Comment ne pas être convaincus par ce combiné de technologie, d’hygiène et de confort parfait !
Dans le meilleur des cas lorsque vous entrez dans la pièce l’abattant se soulève et la lumière s’allume. Bon début…Au plus fort de l’hiver vous adorerez la cuvette chauffée, mais aussi en toute saison la musique douce et la possibilité d’en déclencher une autre, plus forte ou qui singe un bruit de chasse d’eau pour couvrir vos indiscrétions !
Une fois vos besoins assouvis un jet dont vous maitriserez la force, la durée et l’oscillation vous permettra de nettoyer au mieux vos parties ! Et personne n’est oublié : l’emplacement et l’inclinaison initiale du jet étant fonction de votre genre ! Enfin, un petit courant d’air sèchera le tout…Souvent, une fois la chasse tirée (qui parfois est automatique), un lavabo positionné au-dessus du toilette vous permettra de vous laver les mains aussitôt.
En somme, vous pouvez presque éviter de toucher à quoi que ce soit dans certains lieux !
A noter, dans les maisons traditionnelles vous quittez vos sandales à l’entrée du WC ou d’autres, dédiées à cette pièce, vous attendent le temps de votre passage.
Il y a des toilettes publiques partout au Japon : dans les rues, dans les gares, dans les métros, les parcs, les magasins…etc. Et après des mois d’Amérique centrale nous avons été frappés par leur nombre important, leur gratuité mais surtout leur propreté incroyable !

 

Se déplacer

Dans notre périple nous empruntons principalement des transports en communs et sommes devenus des adeptes des bus, notre principal moyen de transport. En revanche nous n’avions plus vu de trains depuis les lointaines gares de Vierzon, Bourges, Châteauroux et Montparnasse… Et là c’est le choc !

 

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Les japonais ont fini par remporter une sacrée course contre notre TGV avec leur Shinkansen et son record des 515 km/h. S’il ne circule pas à cette vitesse en temps normal, il est suffisamment rapide (dans les 320 km/h) pour que les non-habitués que nous étions constatent un petit décalage entre la place de notre boîte crânienne et celle de nos yeux restés en arrière…
Mais finalement, ce qui nous a véritablement le plus impressionné dans toutes les lignes de trains japonaises ce sera leur propreté, leur confort et leur ponctualité…. Il faut le voir pour le croire…
Arrivé au terminus une armée de petites mains entrent dans le Shinkansen, en font le tour pour le nettoyer (il n’est pas bien sale évidemment puisque principalement fréquenté par des japonais), retournent ses sièges pour qu’ils soient bien dans le sens de la marche (bon sang mais c’est bien sûr !) et sont ressortis en exactement 6 minutes… Alors, les portes s’ouvrent et laissent entrer jusqu’à 600 passagers, dans le calme, sans précipitation en seulement 2 minutes et la plupart en placement libre puisque qu’un ou deux wagons seulement sont dédiés aux réservations…
Le train était déjà arrivé à l’heure prévue, il repart dans l’autre sens à l’heure prévue (environ 10 minutes après son arrivée) et tout le monde est installé… Tous les trains, les bus, les trams sont toujours à l’heure et ne s’arrêtent guère plus d’une minute… Abasourdis ! Serions-nous mal habitués ? (salut à la SNCF !)
A vrai dire nous serions probablement incapables de respecter les règles tacites de (bonne) conduite, devenues des habitudes, qu’adoptent les japonais. Sur chaque quai comme sur chaque trottoir devant les arrêts de bus on trouve, matérialisées au sol, des queues indiquant le numéro de la voiture, si elle est en placement libre ou à réservation.
Et puis ici on ne cherche pas à savoir si le train est plein ou pas, si les réservant sont arrivés ou pas, on part à l’heure.

 

Echanger

C’est le problème au Japon… Non content de ne pas avoir la même langue on n’a même pas le même alphabet ! Sinon bien sûr on aurait essayé de prononcer, de donner l’impression de faire un effort, mais là, malgré toute notre bonne volonté, rien à faire, en 3 semaines je ne saurais jamais comment prononcer « または美容師を見つける ? » C’est frustrant !
Difficile d’en apprendre plus sur les gens, leur mode de vie et leurs traditions ou leur quotidien quand il est impossible de se parler ! Passé le « Bonjour, merci, au revoir » on dépend donc du niveau d’anglais de nos interlocuteurs.
Peu de japonais parlent anglais et ça a parfois donné lieu à des moments curieux… Comme ce serveur de restaurant qui ne comprenait pas ce que je voulais boire… « Water »… Ceci dit, cela ne les empêche pas d’essayer à tout prix de se comprendre et de ne pas vous abandonner sous prétexte que le langage est impossible.

 

Comprendre les Japonais (ou du moins essayer…)

DSC_5483 [1280x768]Oui le japonais est avant tout adorable, en pareille situation certains ont donc appelé à l’aide les collègues, d’autres sont allés chercher leur smartphone pour faire une traduction sur Google et pour nous indiquer des directions certains nous ont tout simplement accompagnés déviant de leur trajectoire initiale !
Nous avons lu que dans la culture japonaise le collectif prime sur l’individuel (intéressant…), ce qui a notamment pour conséquence de ne jamais se laisser aller à la facilité d’oublier qu’on n’est pas seul au monde… Et ce qui se traduit au Japon, à notre sens, par une population particulièrement attentive au bien être de l’Autre et une politesse qui frôle l’exagération.
Le japonais s’excuse tout le temps et pour tout, y compris pour ce dont il n’est pas responsable, il remercie tout le temps aussi et la gestuelle qui accompagne son intention (une inclinaison de tout la partie haute du corps) tutoie la soumission. Cela peut être déroutant, gênant même parfois pour nous pauvre égocentrés, égocentriques mais finalement non seulement on s’y fait mais en plus, en adoptant ces pratiques on côtoie une valeur dont les japonais sont coutumiers : l’humilité…
C’est l’humilité aussi, (ou peut-être la peur de la honte ?) qui les incite à dire qu’ils ne parlent pas anglais car ils savent que leur accent est parfois difficilement compréhensible pour des occidentaux.
Ils semblent aussi très soignés, nous n’avons presque jamais vu de personnes « négligées ». Dans les rues de Tokyo en particulier tous sont plutôt classiques et classieux, et les femmes maquillées, brushées et manucurées avec la juste touche nécessaire, jamais trop… (Serais-je obsédée par la question après mes mois d’errance esthétique ?). Quand on pense qu’elles admirent presque toute la fameuse classe française…
Pour ceux qui voyagent, se balader dans les rues de Paris doit être un choc !
D’autant que la propreté étant aussi une des caractéristiques du Japon, les rues sont impeccables, sans même qu’il y ai besoin de poubelles: nous n’en avons quasiment jamais vu.
Discrets il n’est pas rare que les japonais se cachent pour sourire ou rire avec une certaine pudeur, on n’est pas très tactile non plus, y compris pour simplement prendre un paiement ou rendre la monnaie.
Ils font également preuve d’une douceur et d’un calme, tant dans le ton de leur voix, que dans leurs gestes ou leur regard…
C’est étonnant d’avoir des standards si différents, mais outre ces attitudes si exquises et réservées nous avons eu le sentiment d’entrevoir, à peine, le paradoxe japonais…
Malgré la pudeur on se baigne en communauté et nus et malgré la discrétion naturelle il est de bon ton de slurper bruyamment sa soupe de nouilles au restaurant et de manger le nez dans le bol !

 

Bref, vous l’avez compris, 3 semaines ce n’est pas assez pour comprendre les japonais et le Japon, tout juste pour apprendre à survivre !

4 commentaires à propos de “Guide de survie en territoire japonais

  1. Keen46

    Quel dépaysement. Mais attention les japonais ne sont pas meilleurs que la SNCF. Meilleure vitesse commerciale 320 km/h aussi et record du monde à 574.8 km/h.
    Par contre pour les WC, respect.

    Pap.

    • Cam Cam

      En effet, j’ai appris ça plus tard…
      Par contre ils sont indéniablement champions de la propreté, du confort et de la vitesse de chargement !
      Quant à nous, sur notre Toulouse-Paris on a pas souvent eu l’occasion de profiter des vitesses les plus rapides :P
      Besos

  2. Julie R

    Camille tu as fini de me convaincre d’aller visiter le Japon… Ton récit est fascinant, merci !
    bisous à tous les deux

    • Cam Cam

      Eh ben fais moi signe quand t’y vas, j’y retournerais avec plaisir !
      Bises de Bali…

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