« J’ai traversé un Océan »…

 

Et je l’ai fait il y a déjà quelque temps, mais c’était la 1ère fois pour mes parents, venus nous voir 10 jours au Costa Rica.
A suivre leur récit, avec les mots et les images d’une autre pour raconter ces 10 jours en famille : ma maman…

 

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Il me fallait bien huit jours pour laisser décanter et récupérer du décalage…

 

Première image quand l’avion amorce sa descente et tout à coup est près de frôler le sol : une nuée de toits de tôle rouillée et de couleurs vives qui émaillent cette terre rouge de moyenne montagne d’un pays que l’on va découvrir.

Puis c’est le vert qui saute aux yeux. Je n’ai consulté aucun guide et la surprise est totale. Je sais seulement que la nature y est reine et que « Pura vida » en est l’adage.

 

Cela donne déjà une bonne respiration.

 

Ces petits carrés de couleur formant mosaïque ne sont pas des bidons villes forcément mais l’habitat populaire et moins populaire, aussi.
La toiture au Costa Rica, dans sa grande majorité est en tôle même dans les quartiers plus aisés.

IMG_0210Les plus belles couleurs des baraques, bicoques ou maisons, c’est en allant sur la côte caraïbe que nous les avons vues et à Puerto Viejo et Cahuita.
Elles sont de bois ou de parpaing ou encore moins fréquent, de pierre, sur pilotis quelquefois, avec un rez-de-chaussée principalement mais il y en a à étages.
Les plus précaires, chancèlent. Presque toutes sont fermées par des grilles derrière lesquelles la terrasse ou une sorte de véranda aligne fauteuils ou vieux canapés ainsi que rockingchairs en bout de course et quelques hamacs.

Ces grilles laisseraient penser que l’on se protège d’agressions éventuelles. A moins que ce ne soit pour se protéger des animaux sauvages de moins en moins farouches. C’est en tout cas pour cette raison que les supports métalliques des poubelles sont en hauteur.
En ville, le dispositif policier est important et le nombre de gardes postés un peu partout, également.
Un de ceux qui était en faction à la banque dans laquelle, à notre arrivée nous changeons nos euros pour des colones, était un peu gêné de nous voir attendre aussi longtemps. Notre ticket en mains, nous nous serions cru, en France à la sécurité sociale.
Durant l’échange de circonstance, il me dit son amour de la France et rajoute qu’il suit le Tour chaque année et aimerait bien visiter notre pays.

 

Le moindre parking a son gardien et aviez-vous l’intention de faire un simple demi-tour ou un arrêt de quelques minutes, qu’il relève la plaque d’immatriculation.
Aspect sécuritaire évoqué, tout au long de ce trajet vers la côte Caraïbe, j’ai beaucoup rêvé de cabanes et me suis vue en construire une, me disant que cela ne devait pas être si difficile.

IMG_0326Là-bas, les fleurs grimpent aux arbres et parfois même les plantes leur font la courte échelle. Un fleuriste grandeur nature. J’ai eu parfois l’impression et surtout les deux premiers jours d’être dans une serre tant l’atmosphère était moite. On a quitté l’hiver et pris de cours l’été : quelques heures ont suffi mais pour moi qui serais plutôt adepte de la lenteur ou tout au moins de l’apprivoisement progressif et plus approfondi, je suis, je l’avoue, un peu sonnée à tel point que ma fille me regarde et me demande si ça va.
En cinq mois, elle a oublié que sa mère était souvent dans l’hébétude…

C’est peut-être une façon de se reposer ou de se retirer en devenant spectateur plutôt qu’acteur. J’y gagne sans doute, en maîtrisant un trop-plein d’émotions. Qui sait ?
 

C’est d’abord la chaleur moite qui m’a saisie ; au-dessus de nous un ciel lourd et gris les premiers jours. La joie de retrouver les siens a eu tôt fait de passer sur ce détail climatique.

Un petit tour de ville pour repérer un lieu typique : le marché coloré et odorant afin d’y manger local.

 

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Le « casado », autrement dit fait maison, sorte de « plato combinado », surprend car très copieux. Il se compose de riz, purée, haricots rouges, bananes plantain frites, petite salade parfois et de poulet ou de poisson, la plupart du temps.

Sortis du marché, les vendeurs de billets de tombola installés avec leur petite table sur le trottoir nous interpellent. Cette activité semble dévolue surtout aux anciens et je me rappelle avoir vu ce même tableau en Espagne il y a fort longtemps. Les chausseurs sont ici très nombreux et les étals aux couleurs vives attirent l’œil.

 

Le trajet qui nous conduit d’Alajuela- près de San José vers la côte caraïbe est un dépaysement pour moi qui n’ai pratiquement pas quitté l’Europe.
Les toits de tôle, colorés toujours, au milieu de cette nature qui explose : bananiers, palmiers, amandiers cacaotiers et caféiers jalonnent la route.

IMG_0131Puerto Viejo: l’image de cette coque en fonte de bateau, rouillée et à l’intérieur de laquelle a poussé un arbre et quelques arbustes m’occupera beaucoup l’esprit me faisant échafauder maint scénarii.
Insolite et rafraîchissante. Plage sauvage ou délaissée ? Le sable est presque noir et jonchée de noix de coco et d’amandes oubliées, grosses comme des abricots.

La mer grignote qui réduit le sentier en lisière de la jungle à Cahuita à une quinzaine de kms de là. Les grands amandiers tels des arbres drapeaux couchés par le vent, finissent par plier.

 

Le singe araignée se balance et son cousin le capucin vient chaparder un morceau de pastèque oubliée. Hilare, il remonte sur son arbre en courant donnant l’impression de voler comme les écureuils décrivant des arabesques alors que le paresseux et on en voit beaucoup, accroché à califourchon à la croisée de trois branches d’un sangrillo profite peut-être du spectacle à moins qu’il dorme réellement… Qui saurait dire ce qui se passe dans sa tête tant il paraît comateux.

 

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Larges racines aériennes et lianes attirent mon regard et aussitôt me reviennent en mémoire nos jeux d’enfants sur le chemin du vivier envahi à un endroit bien précis de clématites en obstruant un côté. Un perroquet vert à la sortie du parc répète à l’envi : coucou, au revoir et rit aux éclats comme un enfant et me laisse une drôle d’impression. Troublée.

 

L’hôtel est accueillant : un repli au milieu de la verdure à deux pas de l’océan qui claque tous les soirs. Je ne parviendrai pas à suivre le frrt ou le pfft du colibri que je découvre. Il va d’une galerie à l’autre, d’une fleur à l’autre, trace des lignes et fuse dans le ciel d’un bleu intense. L’intérieur et l’extérieur se mêlent, les jeux de lumière sur le bois et le bayadère des hamacs est un enchantement.

 

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A Cahuita, le jeune serveur qui s’exprime en français avec un léger accent qui me surprend me dit avoir appris notre langue avec des bretons en jouant à la crapette. Et je suis aussitôt prise d’une émotion enthousiaste. Bel apprentissage d’un océan à l’autre.

Surprise : concert dos à la mer de jeunes indigènes métis ou noirs : une batucada d’enfer. Je suis étonnée et apprend d’un coup que le pays est à la croisée de plusieurs cultures et influences. C’est pep ’s. Eh oui, il faut un peu réfléchir; mon cerveau jusque-là simple éponge reprend du service.

 

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Après ces trois ou quatre premiers jours, nous reprenons la route, découvrant un autre paysage. la région de Sarapiqui.
Nous nous arrêtons pour dormir et faire le lendemain la visite d’une réserve biologique et de son « tour » chocolat, tout près du village de La Virgen où nous nous régalons le lendemain matin d’un petit déjeuner dans un soda.
La gentillesse et discrétion de la patronne sont appréciables.
Un soda est une sorte de snack de bord de route, typique.
L’addition est conforme à ce annoncé car ce n’est pas toujours le cas. S’ajoute au 10% de service au moment de régler, le 13 ou 15% représentant les impôts, comme ils disent.
Camille volontairement n’avait pas réservé d’hôtel et c’était la journée surprise et débrouille.
A proximité de La Virgen, pas de miracle à la veille de Pâques, nous avons fini par trouver dos cabinas dans une structure avec piscine, jardin, restaurant où plusieurs familles se retrouvaient mangeant et dansant sur une musique raggeaton.

 

Pour aller à Montezuma sur la côte pacifique, nous faisons halte à La Fortuna trois jours, au pied du volcan Arenal.

IMG_0299« Mentira ! », nous dit la logeuse- pas de coulée de lave ni d’explosions petites ou grandes à observer comme l’indiquent des points précis d’observation. Qu’importe ? Il est majestueux et il s’est un peu drapé le nez dans la brume d’une fin de journée moite et pluvieuse. Il se laisse désirer et impossible de le voir totalement dégagé.
En nous en approchant davantage, nous verrons la trace large et profonde de coulées anciennes.
Beaucoup de monde les Costariciens fêtent Pâques et se déplacent en famille.

 

Thermes au pied du volcan dont nous ne verrons jamais le sommet. Toujours à l’extérieur et entouré de verdure et d’arbres séculaires, nous nous laissons aller mollement dans les différents bassins.
Pura vida comme disent les Costa Ricains ! Un peu de légèreté et d’abandon dans ces ecothermes presque intimistes car il y a très peu de touristes. Une véritable détente au milieu d’une végétation exubérante et voluptueuse.

Nono, le Toulousain nous a rejoints deux jours. Il retrouvera Camille et Nicolas au Nicaragua après notre départ.
Cette halte nous aura permis de rencontrer des gens formidables par leur accueil et leur disponibilité.

 

Nous repartons vers la côte pacifique. Au bout d’une piste et d’une route chaotique, nous y voici.


IMG_0438Ici moins de végétation parfois même presque pas de végétation si ce n’est des cactus.
Un vent sec et chaud racle l’herbe grise ou blanche; les champs sont poussiéreux et les habitations sommaires en bordure, sont dans une nuée blanchâtre.
Des cactus et ces vaches blanches ou grises-que nous avons déjà vues, avec bosse sur le dos, longues oreilles pendantes et molles, un cou à plis et replis rappellent un peu les vaches indiennes. Elles sont maigres et semblent se contenter de peu. C’est une région d’élevage ; nous trouvons de grands abris de tôle ainsi que des clôtures en piquets de bois.

 

Montezuma est en vue et annoncé par le point de mire, plus loin de l’autre côté du pare-brise : le bleu de l’océan et du ciel grand ouvert. Un petit bout du monde au bord du pacifique qui lance ses rouleaux sur une plage grise.
Repère de quelques anciens et néo hippies. Des Américains ou allemands s’y sont installés aussi, proposant hébergement et restauration parfois. Une Américaine qui vend ou échange des livres d’occasion nous propose de poster nos cartes pour les grands-mères. Nous lui payons les timbres et elle assurera l’acheminement. Elle prend le temps de vivre et adapte ses horaires.

Il n’y a pas de poste à Montezuma, seulement un petit commissariat et une école. Des bars et des restaurants, quelques boutiques et de l’école, pendant que nous déjeunons, sortent des enfants en uniforme et pour la plupart avec un écrin de violon ou de petite guitare car l’étui est rectangulaire.
Nous ne sommes pas arrivés à nous entendre sur le sujet. Petit débat.

Les parents ont l’air de touristes qui les attendent dans leur quatre-quatre ou avec leur trottinette à la main. Ici les quatre-quatre et les quads sont rois.

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Jeunes filles et jeunes garçons déboulent et glissent bruyamment vers la plage en contrebas, short et débardeur des plus colorés avec un bandana sur le nez et la bouche pour éviter la poussière du chemin.
Un peu avant la tombée du jour, quand les cuisines grésillent et laissent s’exhaler leurs saveurs, la musique démarre et chaque bar ou restaurant prend son tempo : pop, rap, reggae, rock. Ici on aime la fête et le bruit. Ambiance festive égrenant selon l’humeur sa gaieté ou sa mélancolie.

Un quadra bien buriné par le soleil vendant ses bijoux m’interpelle et me demande d’où je viens, me dit quelques mots en français, insistant : mais où à Paris ? J’ai vécu place de Clichy, je connais Pigalle, et de me citer de nombreuses stations de métro.
Ils sont quelques-uns à avoir posé leur sac à dos dans ce petit coin de bout du monde, utopie délaissée ou alors refusant d’y renoncer se mettant en marge et vendant les bijoux de leur fabrication.
Deux ou trois vieux routards façon capitaine fracasse ou pirate avec bandeau, longue barbe ou chevelure et béquille. Ce dernier chante fort, déclame ses envies et ses rancœurs.
On sent bien que l’innocence n’est plus de mise.

J’ai du mal à penser qu’un ciel presque toujours bleu, le soleil et les fruits puissent retenir en un lieu, à jamais, quelqu’un, à moins d’y être né. La météo suffirait-elle à rendre heureux ?

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Alors que nous dînons, passe dans la rue Nick, l’Anglais avec qui nos voyageurs ont fait un trek. Il vient de Cabo blanco où ce fut sportif. Nous ne regrettons rien : il fallait se reposer.

 

Ici, nous sommes réveillés très tôt par les singes hurleurs suivis du festival des oiseaux, et c’est un peu le même scénario à l’approche de la tombée du jour, c’est-à-dire un peu avant 18 h. On ne peut faire abstraction des singes ; ils font partie du décor. La première fois, j’ai pensé à des chiens enroués. Ils sont très nombreux et peu farouches se perchant dans les grands arbres qui sont juste derrière l’hôtel.

 

IMG_0479Je descends à la plage de sable gris observer la fureur des vagues entraperçue hier au soir.
Lumière blanche au lever de soleil sans couleur à 6 h. Un peu plus de de couleur au couchant vers 17h30 mais à peine. Le trait des pélicans sur les rouleaux du pacifique en pêcheurs tranquilles avant l’arrivée des baigneurs et surfeurs, me ravit. L’aigrette et le héron entre la plage et le chemin, sur la mare déchirent élégamment la soie de l’eau.
Il est bientôt 7 h et déjà je sens le soleil me brûler les épaules ; l’heure d’aller prendre un petit déjeuner au village ou ailleurs est arrivée.

 

Plus loin en repartant de la côte pacifique, nous verrons des aras aux couleurs presqu’irréelles tant la nature semble avoir forcé le trait.
Comme de la vitre du train, j’aime à rêvasser et faire des photos, il en est de même en voiture. Au retour je note des détails ou incongruités qui m’avaient échappés ainsi cet Institut Natalia au milieu de nulle part juste après un alignement de quelques maisons et un enclos bovin au bout de la piste blanche et poussiéreuse.
Jean-Marie nous fait remarquer qu’il y a une petite arène. J’ai juste le temps de me retourner ; effectivement et elle est bien sûr en tôle et bien petite. Y testent-t-ils les vachettes ? Probablement.

 

Pour revenir à notre point de départ, cette fois-ci, nous quittons la péninsule de Nicoya en empruntant-pour une partie du trajet le ferry et voici l’occasion de se laisser porter et un peu plus d’une heure sur l’eau à rêvasser. Et se reposer. Peu de passagers mais une musique alternant du Mickaël Jackson et du raggaeton.

 

IMG_0545Le dernier matin, je profite de mon avance dans le rangement de mon sac à dos pour aller une dernière fois regarder la mer et les arbres qui la gardent. Cocotiers, amandiers et manguiers se disputent la place.
C’est la pleine récolte et les étals me font saliver. Les petites mangues sont plutôt jaune et oranger tandis que les autres d’un mauve presqu’aubergine. Nous en avons profité ainsi que des ananas et bananes. Les acheter au bord de la route pour les déguster un peu plus loin au goûter était devenu le rite.

 

Nous ne verrons pas les cascades escarpées car trop sportifs -le voyage est trop court- nous décidons de rester dans les hamacs à paresser et à profiter de quelque brise à mon goût trop peu fréquentes.
Nous évitons ainsi à Nicolas de voir sa belle-mère et sa fille qui n’est autre que sa compagne, s’esbaudir pour un rien. Une telle capacité d’émerveillement est agaçante, je comprends Nicolas, ta souffrance !
Il est plutôt dans la méditation. Il a l’impression d’être avec des Américaines faisant leur tour d’Europe, lâchant devant chaque site visité : Amazing ! Wonderfull ! Avec la discrétion qui les caractérisent et puis les waterfall, ce n’est pas son truc ; il préfère crapahuter dans la jungle et observer les animaux qu’il est toujours le premier à découvrir. C’est crispant !
Dans la serre aux papillons du petit parc de Danau non loin de La Fortuna, il a poursuivi de son appareil photo le mythique papillon bleu annoncé qui ne l’est que lorsqu’il ouvre ses ailes ; c’est dire la difficulté à le saisir. Quant à moi, j’ai un joli flou artistique bleu qui me ravit et je suis bien la seule à savoir qu’il s’agit d’un papillon.
Je n’ai jamais pu mettre en boîte le colibri si « vibrionnant ».

 

Il a vu le toucan, le tamanoir et le serpent jaune, nous pas. Nono a vu le quetzal, trois fois, nous a-t-il dit. Les photos ne seraient-elles pas truquées ? Mais non, il l’a bien vu.

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Nous avons fini par reconnaître le bruit du gecko avalant les moustiques et qui ressemble à une petite salamandre, pour la forme uniquement ; petit lézard appelé aussi par les Britanniques Jésus christ Lizard. C’est le guide du tour chocolat qui me l’a appris m’en désignant un gros, accroché au tronc d’un cacaotier. Car il marche sur l’eau… Enfin il en donne l’impression tant il va vite et l’effleure.
De nombreuses maisons ou patios en sont décorés, en fer ou en céramique. Nous n’étions plus surpris non plus par les iguanes menant la sarabande sur le toit de notre terrasse à l’hôtel de Montezuma.

 

« Pura vida » et « Ojalà » me dit la femme de ménage, en partant, en guise d’au revoir ou de salut. Je prends aussitôt ça pour un Carpe diem. « Nos vemos » ou « que le vaya bien » a aussi la côte.
Et je vois que Camille qui, à présent parle couramment la langue et en maîtrise les nuances et la familiarité, manie ces expressions avec aisance. La petite fierté de la mère au passage ne vous aura pas échappé…

 

Ojalà, réminiscence de l’Inch’allah sans doute apporté par les conquistadors, eux-mêmes ayant subis une occupation arabe de sept siècles, est très utilisé.
Ojalà doit son origine en effet, comme beaucoup de mots espagnols à l’arabe. Les plus fréquents sont ceux commençant par al comme algodon, almuerzo etc… …
L’utilisation de cette locution en dit long sur le fatalisme ou déterminisme des latinos. Après tout, cela correspond, chez nous, à grâce à Dieu ou si Dieu le veut ou encore Hamdoullah ! Et celui qui le dit n’est pas forcément un fou de Dieu.

 

IMG_0134La religion est très présente et sur notre route nous croisons de petites églises bien modestes et très ordinaires dans leur facture. Excepté dans les villes, les églises de villages ne sont guère plus grandes qu’une maison et toujours colorées en rose, vert, mauve ou jaune.
Elles représentent plusieurs courants et l’affichent ostensiblement : Eglises évangélique, baptiste, pentecôtiste, celle des saints des derniers jours et même de los dos evangelios completos ! Les témoins de Jéhovah sont aussi là avec un grand centre accueillant séminaires et conférences sur la route entre San José et Puerto Viejo. La construction est plus élaborée et plus imposante.

Le soir de notre arrivée, Alajuela était en procession. Partout où nous sommes passés le week-end de Pâques et les jours suivants, nous avons remarqué devant chaque maison, une petite croix de bois plantée dans la terre et drapée d’une petite étole violette.

 

Sur l’ensemble de nos balades en voiture, des restes de la campagne présidentielle : panneaux et affiches accrochés aux arbres ajoutaient à la touche improvisation.
Le candidat de centre gauche (parti de l’Action citoyenne) a été élu et ce n’était pas gagné d’avance.
Le gardien du tour chocolat n’y croyait pas, comme beaucoup, à l’arrivée au pouvoir d’un autre parti et il s’en félicite. Il espère que les choses vont changer. Ses attentes ? Une meilleure répartition des richesses car entre le parti de l’Unité Sociale Chrétienne et celui de Libération Nationale, il n’a pas senti de différence. Guillermo Solis ne partait pas favori et ne faisait pas vraiment parti du sérail. Ses moyens financiers étaient modestes.
Il n’y a eu jusque-là que peu de surprises même si ce pays s’en sort mieux que ses voisins d’Amérique centrale comme nous l’expliquent nos voyageurs partis il y a cinq mois et de rajouter qu’il a aussi d’autres atouts : la banane, l’ananas, le café et le cacao sans compter ses réserves de biosphère d’où le fameux « Pura Vida ».

 

IMG_0631Le dernier soir, après onze jours et revenus au point de départ pour reprendre l’avion, un tour de ville en mère et fille. Passant par la place et face à l’église nous entrons -car c’est ouvert- dans le patio de l’université d’Alajuela. Il est agrémenté d’une galerie de bois à l’étage, ornée de fresques. Des étudiants lisent sur des bancs. Un calme studieux qui contraste avec le cœur de la ville, tout proche.   Le jour ne tarde pas à descendre et nous traversons le parc pour rentrer. Dans les jardins de villes ou gros villages, c’est l’indolence et l’abrutissement que j’y ai vus d’abord et en cette fin de journée, ici la torpeur est encore sur les visages.

 

L’air est chaud semblant vouloir nous écraser. A la recherche d’un helado exceptionnel que nous ne trouvons pas, nous nous rabattons sur un cornet Mac Do, infâme. Nous nous disons bonne nuit.

Demain, on décolle.

 

ELB

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  Pour lire encore et encore les mots de ma maman, qui manie tout aussi bien la fulgurance du Haiku c’est là : train sur train, et accompagné des superbes images d’Huguette…

 

 

4 commentaires à propos de “« J’ai traversé un Océan »…

  1. Mathias Mathias

    Waou! Ça change de style d’écriture. J’ai hâte de découvrir ce que ça donnera quand Nono prendra à son tour la plume. :-D

  2. Des Besos de Marseille!!!!! On vous suit!

  3. Nous avons donc rencontré les parents voyageurs à leur retour du Costa Rica. Enchantés, le regard encore un peu vague: il faut bien se remettre du décalage horaire! Et merci pour la gentille attention du lien avec le site http://www.trainsurtrainghv.com.
    Huguette

  4. annoMali

    Joli commentaire hermana ,mas detallado ! Camille avait oublié les recoins…
    Merci pour les photos également . Je comprends que ce voyage valait tous les repas d’anniversaire !!!
    A bientôt dans le Lot

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