La côte caraïbe, plongées aux paradiS

 

Parce que oui, la côte caraïbe du Honduras est bien l’endroit ou faire de la plongée sous-marine sur des îles de rêve, mais les paradis ne sont pas que des îles aux eaux turquoises…
 

 

Utila

La plus petite des iles de las Bahias (50km²), en pleine mer des caraïbes et à seulement une heure de bateaux de la côte, Utila, est le lieu paradisiaque des petits budgets.
A côté se trouve Roatan, sa grande sœur réputée + classe, + chère et + belle, à l’extrême Est Guanaja + isolée et + sauvage mais aussi + difficile d’accès.

Pas (ou très peu) de voitures circulent ici, mais sur la rue principale très étroite se croisent de nombreux tuk-tuk ou voiturettes de golf. Si les maisons et leur couleurs sont bien typées caribéennes la faune est américaine, européenne et on y parle essentiellement anglais, même les locaux, qui sont majoritairement garifunas et ne maitrisent pas toujours l’espagnol.

 

Dès que nous avons envisagé ce voyage j’ai songé à la plongée, cela me semblait être une occasion en or d’apprendre en milieu naturel et pour un budget moins élevé qu’en Europe. Utila est l’endroit idéal, c’est même l’endroit dédié quasi exclusivement à ça et l’île entière vit de ce business.

Dès la sortie du bateau on vous saute dessus, toutes les écoles de plongée de la ville principale sont là à chaque débarquement de gringos pour proposer leurs services, vous amener dans le centre avec leur tuk-tuk, vous proposer un cocktail de fruit ou un café gratuit, une première nuit dans leur hôtel ainsi que les 4 suivantes si vous plongez avec eux !

Autant que les prix et les récifs, c’est l’ambiance très festive qui attire les touristes ici.
La plupart des écoles l’ont bien compris et sur le même site proposent l’école de plongée, l’hôtel, le comedor et le bar… Qui ferme autour de 3h, votre chambre donnant dessus et ce avant une plongée matinale…

Je dois être vieux jeu ou juste pas assez fêtarde (merci à tous ceux qui pourraient dire le contraire de bien vouloir s’abstenir !) mais me « mettre minable » tous les soirs avant d’aller tenter de respirer sous l’eau à + de 10 mètres de profondeur… Je ne sais pas… Ça m’angoisserait presque !

Aussi, nous avons choisi le centre de plongée dont l’hôtel était le plus éloigné et au calme !

Malgré l’ambiance nous avons passé là 10 jours au calme, (en passant peut-être un peu pour des sauvages !) pour un budget très raisonnable et sans s’écœurer de l’omniprésence américaine, jeune et festive.

Et surtout, nous y avons passé notre Open Water (j’y reviens..), fait 6 très belles plongées et 2 snorkelings (plongées masque et tuba) presque aussi bien.

L’Open Water 1er niveau permet de plonger avec une personne de niveau équivalent ou supérieur jusqu’à 18 mètres de profondeur. Étant tous les deux certifiés désormais, nous pouvons donc théoriquement plonger seuls, ce qui risque de nous servir dans d’autres étapes de notre voyage.

Sur 5 jours, à raison de 1h30 à 2h30 par jour un instructeur vous initie à la théorie à travers des vidéos, des tests et questionnaires à choix multiples expliqués puis une mise en pratique sous l’eau d’abord à 2 mètres puis 4 mètres de profondeur au pied du ponton.
Les derniers jours on termine la théorie et on passe l’examen (une formalité), on commence les plongées en milieu naturel : 2 par jours de 40 min chacune.

Et puis une fois à 12 mètres, quand les murs de coraux colorés se dessinent, que la faune est omniprésente, qu’une raie aigle vous fait la faveur de passer par là, lente et majestueuse, vous oubliez les exercices et vous ne pouvez pas retenir le large sourire qui fera inévitablement entrer un peu d’eau dans votre bouche !

 

 

C’est fascinant de voir à quel point le monde sous-marin est vivant et riche, si beau et silencieux ; on a beau en avoir une idée, y être, et tout simplement respirer sous l’eau, est toujours une expérience aussi surprenante que magique, même si Nicolas en Australie et moi à la Réunion avons parfois vu des fonds et récifs plus impressionnants qu’ici.

L’école offrait 2 plongées de plus, et je dois avouer que si nous ne contrôlions pas notre budget, j’aurais pu succomber à la tentation de 2 ou 4 de plus encore !

En revanche le snorkeling (plongée avec masque et tuba seulement) est très intéressant aussi et plus économique !
Nous avons pu en profiter sur un point de l’île et sur un cay (îles basses de corail et de sable) : Water Cay, à 30 minutes de bateaux d’Utila, l’archétype de la plage déserte et minuscule (environ 200m de longueur) : d’un côté une petite plage de sable blanc, une mer chaude et turquoise, et de l’autre un grand récif très peu fréquenté.

C’est une fois que nous avions passé une journée sur cet endroit isolé qu’on a accepté l’idée de retourner sur le continent pour changer d’univers, nous avions eu notre petit bout de paradis…

 

 

La cuenca du Rio Cangrejal et le parc Pico Bonito

Changement radical de décor, pourtant nous ne sommes qu’à 20 minutes de la côte caribéenne.

Le Rio Cangrejal est réputé chez les rafteurs et kayakistes chevronnés, ce serait la rivière aux plus forts rapides du pays.

S’organise donc directement depuis la Ceiba des tours tout-compris : on vient vous chercher en minivan à votre hôtel, pour vous amener dans un lodge près de la rivière, faire une ½ journée de rafting et, rentrer, ou passer une nuit sur place… Vous ne sortez pas du tour, du groupe, et de l’hôtel avec qui vous avez planifié cela… Tout ce qu’on déteste !

On a découvert qu’une association existait dans un village un peu plus haut au bord du rio, qu’ils organisaient des randonnées sur des chemins qu’ils avaient eux-mêmes balisés et proposaient également l’hébergement.
Très peu d’infos sur Internet, et moins encore dans les offices de tourisme de la ville qui ne savent même pas à quelle heure peuvent bien partir les bus et qui recommandent spontanément le tour opérateur qui s’occupe de tout…

Nous décidons quand même de tenter l’aventure et attendons dès 6h45 au terminal des bus que le 1er arrive… à 9h30 !

Nous débarquons en milieu de matinée dans un petit village désert : Las Mangas, après 45 minutes de bus sur une route cahoteuse et poussiéreuse.
Déposés devant l’association Guaruma nous visitons les chambres et sommes sous le charme : à flanc de colline, un peu au-dessus de la rivière et face aux sommets du parc Pico Bonito, entourés d’arbres et d’oiseaux, des cabanas en bois avec salle de bain, terrasses et hamacs sont proposées pour la moitié du prix des fameux hôtels tout inclus.

Et nous y serons seuls durant 4 jours ! Un nouveau paradis !

Pour une fois, les cyniques que nous sommes restent pantois devant l’association et ses réalisations.
Elle s’est donné pour mission d’occuper les jeunes des communautés après l’école en leur apprennent l’anglais, les bases de l’écotourisme, l’utilisation des ordinateurs et de l’Internet et la photo.
Certains élèves vont ensuite à l’université et nombreux sont ceux qui, une fois adultes, finissent par devenir bénévoles dans l’association. Quelques-uns d’entre eux ont eu l’idée de développer une petite agence touristique qui propose des randonnées dans le Parc et se sont également ajouté les hébergements dans lesquels nous logeons. Une offre complète donc, bien qu’à petite échelle et essentiellement animé par des locaux !

Si nous n’avions pas un rdv au Costa Rica 1 mois plus tard c’est précisément le type de projet dans lequel nous aurions pu nous engager pour du volontariat, non seulement la cause et l’organisation nous paraissent saine et intéressante mais en plus les lieux sont magiques…

 

 

Le village de Las Mangas est minuscule, son centre en est simplement le terrain de foot sur lequel broutent toute la journée quelques chevaux en liberté, et dans sa continuité le cimetière : pas même une grille ou des barrières pour le délimiter.

La rivière est basse et ses gros cailloux lisses blanchissent au soleil avant de disparaitre sous l’eau à nouveau dans quelques mois. Le soleil est aussi fort que sur la côte, les journées sont brulantes mais les soirées plus douces.

En traversant la rivière par le très grand pont suspendu à l’entrée du parc Pico Bonito, une promenade d’1h mène à l’impressionnante cascade de Bejucco, haute de 60m.
La balade est agréable, courte et sans difficulté, c’est pourtant là que je me ferais une belle entorse (sans gravité, tout va bien !)… Nous allégeons donc le programme pour les jours à venir.

Aussi nous partons le lendemain en bus découvrir la petite communauté d’El Pital à quelques 3 km de là.

Au plus fort de la journée tout le monde s’abrite et nous sommes les seuls à arpenter la large route poussiéreuse pour traverser le village.

De loin le petit Manuel nous observe puis nous rejoint, un sac de jute sur l’épaule, à moitié plein de déchets de plastique. Il marche avec nous et nous papotons jusqu’à atteindre sa maison.
Arrivés chez lui nous sommes présentés à sa famille et un ami présent à ce moment-là. La maison est faite de quelques tôles, un peu éloignée du village, à l’avant se trouve le four fait de terre séchée. Une pauvreté évidente, criante. Mais l’accueil est chaleureux, la famille est ravie de voir des voyageurs s’intéresser, d’échanger et d’apprendre les uns sur les autres.
L’ami de la famille présent est le plus bavard et nous explique son point de vue sur la région et sur le pays.

Il y aurait des choses à faire mais ils n’ont pas assez l’esprit d’entreprise, pas la capacité de projection, ou d’abstraction nécessaire à monter un projet, le développer dans un but précis et parvenir à ce but… Ils ont besoin d’être accompagnés, d’un support logistique en somme. Et puis surtout ils n’ont pas les fonds, ce dont ils manquent le plus, évidemment. Il ira jusqu’à dire qu’ils manquent d’éducation, de conscience des choses et de leur conséquence. L’exemple tout bête qu’il nous donnera est le trou dans le plafond en tôle : il est là, on le sait, on le voit, on pourrait le réparer, mais on attend la saison des pluies pour vraiment réaliser qu’il y a là un problème. Un fatalisme avoué à demi-mot… A demi conscient ?

 

 

La famille nous propose alors des cocos tout juste coupées de l’arbre, que nous mangeons et partageons avec beaucoup de plaisir. Quand vient le moment de se quitter nous demandons à les payer, il n’en est pas question, ce sont des cadeaux et rien n’y fera. Nous proposons de faire des photos et de leur envoyer. Les enfants en sont tout excités !
Nous nous quittons avec fortes embrassades et « Que le vaya muy bien », pas tout à fait intacts et surtout frustrés de n’avoir pu être qu’une distraction passagère…

En redescendant au village, un stand de rue fera l’affaire pour notre déjeuner, pris plus bas, sous le porche de la maison pour rester à l’ombre.
Le propriétaire des lieux, travailleur agricole nous parlera pendant ½ heure de la politique de son pays, que nous résumerons à : le peuple ne bénéficie jamais de l’argent et les promesses de campagne ne sont jamais tenues. Il rappelle les sommes astronomiques arrivées pour l’aide au Honduras suite à l’ouragan Mitch qui a fortement touché le pays en 1998. « C’était déjà beaucoup trop d’argent… Mais jusqu’à qui serait-il arrivé ? »

Le Dimanche, à Las Mangas, les jeunes jouent au seul jeu vidéo du coin (une sorte de flipper devant un comedor improvisé ou nous prendrons notre repas), on repeint de blanc, en famille, la tombe des aïeux et tous vont se baigner sous le pont dans la rivière fraîche…

Nico va découvrir le sentier après le village qui mène aux hauteurs, permet de jolis point de vue et fini par découvrir un autre coin pour la baignade. A seulement 10 min du village, en cheminant sur un sentier ombragé on arrive à un petit pont suspendu assez bancal, de là on suit un chemin menant au petit bassin dans une rivière annexe.
Ensoleillé dans l’après-midi on s’y prélasse un moment pour se rafraichir des températures insupportables…

Encore un paradis !

Nous devons avancer et c’est un peu à contrecœur que nous quittons notre solitude perchée et les fantastiques honduriens que nous y avons rencontré. Jusqu’au moment de la note ils nous régaleront (regalo = cadeaux en espanol…) : le prix de la chambre a baissé celui des repas aussi…

 

Tela

Toujours sur la côte, un peu plus à l’Ouest, nous rejoignons Tela.

Tela c’est un peu deux mondes qui ne se croisent pas toujours…

D’un côté une ville grise criarde, agitée, bétonnée, pleine d’enseignes et sans charme aucun, de l’autre un front de mer surexploité… Ah ben un peu comme la plupart de nos villes méditerranéennes tiens !
Y trouver un hôtel même s’avère une épreuve au vu des prix très élevés et nous opterons pour la petite pension peu chère à l’opposé des plages !
Peu importe, entre le complexe hôtelier all inclusive et le centre-ville 100% local nous avons toujours fait le même choix…

La région offre plusieurs options : la visite de villages Garifunas, le semble-t-il superbe parc Punta de Sal et un jardin Botanique qui s’avère être le 2ème plus grand au monde.
La plupart des choses s’organisent aussi en tour depuis les hôtels, nous ne tenons toujours pas à nous retrouver en troupeau face au porche d’un vieux garifuna tranquille dérangé par des flashs à répétitions, le Parc national ne verra pas ma cheville fatiguée, nous passerons donc simplement une ½ journée couverte (pour notre plus grand bonheur) dans le jardin botanique.

Si la pluie continue qui s’est abattue la veille au soir et toute la nuit a eu l’avantage de dissuader les rares visiteurs, elle nous aura surtout permis de humer la nature : terre mouillée, plantes et l’odeur douceâtre de certains fruits.
Malgré cela le jardin n’est pas tout à fait aussi impressionnant qu’annoncé !

Notre premier vrai repas caribéen aura, en revanche, lui, été un succès : soupe de crevettes au lait de coco et poisson à la plancha…

 

Tela ne sera qu’une étape facile sur notre route vers le Sud du pays…

 

11 commentaires à propos de “La côte caraïbe, plongées aux paradiS

  1. On change vraiment d’ambiance avec la côte Caraïbe et ces eaux d’azur ne sont pas pour me déplaire en ce début de printemps ici. J’apprécie aussi le récit plus intime de vos aventures, de vos rencontres et du quotidien. C’est dépaysant et très enrichissant.
    De gros bisous à tous les 2 et vivement la suite !

  2. Laplaze

    Quelle belle invitation au voyage! Texte et photos. Vous Continuez à nous faire rêver. Nous devenons friands des anecdotes et de véritables rencontres que vous faites en avançant dans votre périple.

    Le slogan du Costa Rica étant « Pura vida », on doit bien mieux y respirer qu’à Paris, non ?

    Bises à vous et bonne continuation,

    Laplazemam

    • Cam Cam

      Ici le slogan c’est « Buena Onda ! », pas loin du Pura Vida !
      On respire partout mieux qu’a Paris mais la chaleur va vous surprendre… N’oubliez pas votre maillot !

  3. Mathias Mathias

    Du coup, pour comparer par rapport à la France, ça coute combien de passer l’open water au Honduras ?

    • Cam Cam

      216€ Mais difficile de donner le coup réel car sont inclus :
      -5 nuits en chambre double avec salle de bain dans un hotel plutot class avec piscine,
      -2 petits dejeuners
      -2 plongées gratuites de plus…
      On peut trouver aussi du 160-180€ mais c’est pas le meme genre d’hotel, des dortoirs exclusivement et on a eu un doute sur les instructeurs un peu limites ou trop fetards…

      • Mathias Mathias

        OK. En gros vous en avez eu pour 2 fois moins cher qu’en France. Merci pour la précision. ;-)

  4. Un peu l’impression de revivre notre TDM en vous lisant! C’est vrai Utila est un des endroits les plus économiques pour passer ses niveaux de plongée, je regrette un peu de ne pas avoir passer le niveau 2.. Bonne continuation! Bizz

  5. galante

    Heureuse de vous faire un petit coucou: pas mal de lecture en retard que je rattrape ce soir pendant que d’autres suivent à la télé les résultats du premier tout des élections….En fait j’avais retenu un autre nom pour votre site et ne remarquais pas le lien. Lien
    je vais passer à ma grande qui je crois, projeterais bien un petit séjour au Mexique. Samedi prochain nous verrons JM ET Vève
    qui doivent préparer leurs valise.
    Beau et bon voyage; HUGUETTE

  6. Paul

    Merci de ces infos pour la plongée.
    Je pensais passer une semaine a l ucpa de cuba mais le planning a shifté un peu :D
    Cela me donnera une nouvelle opportunité de m’y initier en faisant halte au Honduras.

    • Cam Cam

      Mais oui, il semble que tu traîne un peu en République Domninicaine… C’est quoi ton « planning » ? Tu as prévu d’aller ou ?
      Pour info, on a un invité que tu connais bien qui nous accompagne au Nicaragua fin Avril… Fais nous signe si tu passes par là…

      • Paul

        Je m y suis bien plus. Le pays est vraiment bien pour voyager en routard et rencontrer des locaux. Loin des cliches, il n y a aucun touristes si on s eloigne des hotel tout inclus.
        Le planning n existe pas vraiment. A part 2 points. un rdv au mexique le 23 Avril et ma soeur qui me rejoint au guatemala fin mai. Faut que je sois a l heure a l aeroport sinon elle va rager.

        Ca y est je suis au courant pour le companeros du Nicaragua. Trop tot pour moi, mais ca aurait ete cool.

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