La Malaisie péninsulaire #1

 

Un mois entre Japon et Etats-Unis nous aurait il fait oublier ce qu’on appelle pudiquement un « pays en voie de développement » ?

Après les rues proprettes et aseptisées, la Malaisie, malgré son économie florissante et son récent statut de NPI (nouveau pays industriel) nous rappelle un peu ce que nous avions quitté en Amérique centrale…

 

A commencer par une ville-capitale bruyante et sale, sans même un vieux centre à admirer…

DSC_6702 [1280x768]Kuala Lumpur n’a à offrir que ses célèbres tours Petronas, son Chinatown et son Little India qui ne sont guère plus que des successions de « stands à tout-vendre »…
Des travaux partout (et qui semblent durer depuis toujours), la plupart des lieux mal entretenus et vieillissants, mais surtout une ville qui se refuse aux piétons en privilégiant les voitures, nous reléguant sur des passerelles à plusieurs mètres du sol qui nous obligent à des parcours et détours improbables au milieu des fumées d’échappement…
Mais on y apercevra quand même l’étonnante mixité du pays : malais, indiens et chinois se côtoient, mariant leurs cultures, leur cuisine et leurs croyances. Ça tombe bien, on aime ça la mixité (et la cuisine…) et nous aurons l’occasion dès notre 2ème soirée de rompre le jeûne (puisque c’est alors Ramadan) avec un égyptien et un malais musulmans, un dubaïay hindou et sa petite amie malaisienne, une tablée éclectique pour la parfaite illustration de ce que peut être la mixité…

 

Pour un peu plus d’histoire et de patrimoine, nous irons, tout au Nord de la péninsule, sur l’île de Penang, qui abrite Georgetown, dont le centre est classé au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses nombreuses shophouses, ses jetées en bois de bric et de broc et ses impressionnantes maisons de clan chinoises.

Ancien comptoir d’Asie et port des plus prospère, l’île accueillit une très importante population chinoise qui, devenue nantie, s’organisait en clan et faisait venir de Chine la famille au grand complet.
Depuis, la mixité a aussi fait son œuvre et l’on passe dans une même rue du temple chinois chargé d’Ors à la sobre mosquée en croisant un temple hindou. Little India est un vrai dépaysement, l’odeur d’encens et celle de Curry ravissent nos papilles, la musique criarde, tout droit sortie d’un bon Bollywood, guide nos pas et les femmes dans leurs saris sont aussi sombres que leurs tenues colorées.
DSC_6765 [1280x768]Encore une chance d’être là pour Ramadan, l’île est particulièrement réputée pour sa gastronomie, l’une des plus variée de Malaisie, et durant le mois saint se tient un marché ou trouver une bonne part de cette richesse.
Entre 19h37 et 38, quand le soleil décline, nous aimons être à la Mosquée et entendre le chant du muezzin, chant de délivrance pour beaucoup qui sont déjà attablés depuis 5 bonnes minutes devant leurs assiettes et leurs verres pleins et savourent enfin leur première gorgée/bouchée depuis 14 longues heures.
Mais les stands de nouilles chinoises à 1€ , de satay (brochettes) et les naan et curry épicés indiens feront tout autant notre bonheur. Nous reprenons là un rythme depuis trop longtemps perdu.

5 jours dans ce coin d’histoire, entre balades à la découverte du centre-ville, explorations culinaires et artistiques.
Car à la demande de la ville un artiste lituanien a également laissé sa trace sur les vieux murs de Georgetown au travers de graffitis mettant parfois en scène des objets et chaque rue historique raconte son histoire en fresque de ferraille (passez voir la galerie sur Flickr !).

Et puis la ville vie, la ville vibre, terrain de jeu favori de Nico pour ses photos de rue… Un bémol (encore…), si être classé au Patrimoine de l’Unesco est un privilège et certainement la garantie d’un apport de touristes et d’argent, quand ce classement devient-il véritablement un sauveur ? Car nous avons encore vu à Georgetown une ville sale, mal entretenue, qui ne met pas encore assez en valeur son patrimoine, une circulation trop dense dans l’hyper-centre classé, des véhicules et leurs effets néfastes absolument partout…

 

Sentiment exacerbé de l’autre côté de la péninsule, à l’Est, aux îles Perhentian.

« Les îles Perhentian sont un paradis tropical, baigné d’une eau cristalline d’un bleu électrique, couvert d’une jungle épaisse et frangé de sable d’un blanc étincelant » SIC Lonely Planet Malaisie édition 2013…
On a du se tromper d’endroit… Ou alors découvrir l’envers du décor…

GOPR0767 [1280x768]Si l’eau est bien bleu et le sable tirant vers le blanc, les ordures elles sont multicolores et omniprésentes, le bruit des générateurs (et leur odeur d’essence) et des compresseurs des nombreux clubs de plongée bourdonnent 24h/24 et la plage est envahie par les bateaux-taxis entre lesquels il vous faudra serpenter pour atteindre une aire de baignade… (Au moins il n’y a pas de voitures !)

Ce qui n’empêche pas une population quasi 100% locale de tenir des hôtels et de les agrandir à l’envie pour accueillir des touristes dans des hébergements minables à des prix très exagérés. Pire ! Cela n’empêche même pas les touristes de venir… (Même pas nous !)

Alors dites le bien autour de vous : oui, dans les Perhentian il y a des sites de plongées qui valent le déplacement mais guère plus qu’un aller-retour ou du moins évitez l’île de Kecil et rendez-vous sur celle (plus chère…) de Besar !
Cessons de permettre à ce type d’endroit d’exister, ou au contraire, laissons les exister sans humain, c’est probablement la seule manière de les sauver ! Nous regrettions déjà dans certaines îles caribéennes d’Amérique centrale la « surexploitation » anarchique des lieux qui posait des problèmes de traitement des déchets, de consommation d’énergie excessive (ben oui, il faut bien des clims partout poussées à 16°C pour satisfaire les touristes et vacanciers !), de disparition progressive du corail…etc.
Force est de constater qu’ici c’est pire : conséquence d’une vision à très court terme et d’une faible conscience écologique…

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Un début de séjour plutôt mitigé donc sur cette péninsule, mais avouons que nous avons dû reprendre nos marques et nous réhabituer à nos anciens standards. Encore un fois, l’impression que nous fait un pays dépend bien souvent du moment et des conditions dans lesquelles on le visite…

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