Le Lac Atitlan et Antigua

 

Nous voilà donc enfin redescendus ! A 1.500M d’altitude, nous accueille le Lac Atitlan, tant attendu, après des semaines et des semaines de nuits (et parfois de journées) fraiches ou froides ! La douceur des températures ne devrait qu’ajouter à la beauté des lieux : qualifié de « sublime et comptant parmi les plus belles vues du monde », le lac est finalement surtout un microcosme bien éloigné du Guatemala que nous avons jusque-là découvert…
 

Entouré de 3 volcans, (qui font tout le boulot, il faut bien le dire : ce sont eux qui confèrent son caractère exceptionnel à la vue !), oui, le lac Atitlan est agréable, les vues sont belles, la température est douce…
Dommage que tout le reste soit artificiel ! Car un jour, des gringos sont tombés sur cette perle et en ont fait un lieu de villégiature à leur image… Hamburgers, musique américaine, délires spirituels et holistiques, réinterprétation mystiques du calendrier Maya et illuminés en tout genre y font des stages de yoga et des cures de silence…

Après notre semaine dans les nuages ce fut un peu radical comme changement…

 

La ville principale : Panajachel est surnommée Gringotenango … C’est vous dire ! Nous l’avons donc fui sur les bons conseils d’autres voyageurs et avons passé quelques jours de vrais repos à Santa Cruz la laguna, une superbe vue en effet et une balade agréable de 3 heures à longer le lac.
Les berges sont occupées par des hôtels et de superbes propriétés appartenant à des gringos. Les villages indigènes eux sont toujours situés plutôt dans les hauteurs. Et l’on imagine bien l’allégresse des gringos qui ont achetées les terres en bordure du lac une bouchée de pain il y a quelques décennies, se moquant des locaux et de leurs villages si hauts perchés, si loin des berges…
Aujourd’hui les locaux rient à leur tour, le lac ne cesse de monter depuis quelques années et a déjà « dévoré » quelques arpents de terre et quelques maisons ! (Récit amusé d’un guide local…)

Très vite, nous sommes lassés de cette ambiance étrangère et que les seuls rapports possibles avec les locaux se cantonnent à « Taxi amigo ? » ou « Buen precio para ti ! ».
En face, San Pedro la Laguna est tout simplement une caricature de paradis pour jeunes fainéants fêtards et/ou news hippies sales …Le village est un tel amas de bric et de broc pour rajouter bars, restaurants et hôtels bons marchés dans ses rues étroites et sinueuses qu’on n’en voit plus le lac…

Quel dommage quand on y pense ! On aurait pu se contenter de mettre ce simulacre de village en rase campagne, dès l’instant ou quelques énergumènes y auraient crée leur ambiance les autres auraient suivi, lac ou pas lac ! Et nous, on aurait pu profiter tranquillement de la beauté des lieux !

Nous organisons donc nos journées pour explorer les environs et fuir le « village » : monter au volcan San Pedro à 6h du matin (oui, encore un volcan ! 3.020 m…) et comme 20 autres gus essayer entre 2 dreadlocks d’apercevoir la vue sur le lac ; puis l’Indian Nose, collinette, à 4 heures du matin qui là, pour le coup, nous offrira une vraie, belle, et calme vue dégagée sur tout le lac et les volcans, accompagnée d’un lever de soleil irréel ! De quoi nous réconcilier avec cette semaine un peu superficielle !

 

 

Cette immersion en pays gringo nous aura au moins rappelé à l’ordre sur l’attention à porter à nos choix de destinations ; sur le fait que se sociabiliser en voyage, pour nous, ce n’est pas passer du temps à vivre dans le monde artificiel des expatriés (ou téléportés, parce que c’est un peu ça : leur quotidien, leur culture, téléportés dans un autre lieu !) et nous aura aussi fait réaliser que non, travailler dans un hôtel/ une guesthouse quelques semaines n’était pas une bonne idée pour vivre au rythme du pays et échanger avec les locaux…
Mais, comme à toute chose malheur est bon, nous avons quand même fait la rencontre qui marquera agréablement nos souvenirs en la personne de David, français installé en République Tchèque, en voyage pour plusieurs semaines en Amérique centrale et avec qui nous avons partagé de très bon moment.

 

Pardon, pardon d’avoir encore mis un bémol ! Vous l’avez saisi maintenant, je peux être critique et 2nd degré, ce qui n’enlève rien à ma fameuse capacité à m’émerveiller aussi de n’importe quoi… Ce n’est pas de l’aigreur ! Et quand je râle il faut aussi lire entre les lignes que ce n’était pas une semaine perdue…

 

Et si on retournait au Guatemala maintenant ?

 

Direction Antigua, nouvelle ville coloniale sur notre trajet. Elle aussi entourée de 3 volcans dont 2 encore actifs, c’est LA ville coloniale par excellence, et la plus belle que nous ayons vu.

Ancienne capitale du pays, elle était nommée Guatemala. Après de nombreuses inondations, éruptions volcaniques et tremblements de terre, la capitale fut déplacée en 1776 et la ville, en grande partie détruite, devint « La Antigua Guatemala ». Abandonnée pendant un siècle, victimes d’autres tremblements de terre, la ville a finalement été réinvestie au milieu du 19ème, restaurée petit à petit et classée au patrimoine mondial de l’humanité en 1979, mais ça et là demeurent encore des monuments en ruines.

Outre son plan typique des villes coloniales (Parque Central dominé par une cathédrale, colonnades et façades colorées), Antigua est aussi une ville entièrement pavée (un pavage plutôt irrégulier !) et le cœur de ville, très petit finalement, est très peu fréquenté par les véhicules. Il est donc très agréable d’y flâner et de plonger dans l’histoire au travers de ses innombrables monuments, essentiellement religieux (38 églises !).


Au Sud, le volcan Agua surplombe la ville et se voit d’un peu partout. Bien souvent dans le courant de l’après-midi sa cime se voile de nuages.
A l’Ouest se dressent l’Aguacatenango et le Fuego qui, tous les jours, crache fumée et pierres.

Le week-end quelques rues du centre sont fermées à la circulation et deviennent la « rambla » des guatémaltèques. Toute la journée et la soirée résonne les pétards et quelques fanfares circulent dans les rues.

Il y a ici aussi beaucoup d’étrangers, venus là surtout pour étudier car la ville est aussi réputée pour ses écoles d’ Español.
C’est quelque chose entre le sérieux de Xela et l’offre abondante de cafés, librairies et lieux culturels ou festifs de San Cristobal de las Casas mais tout public et avec la douceur de l’hiver tropical au milieu des bougainvilliers…
La capitale, Guatemala City, étant récente, moins charmante et peu sure, Antigua en devient donc également un carrefour pour partir à la découverte du pays…

La ville coloniale idéale et le terrain de jeu parfait pour revenir à la photo de rue !

 

 

Avant de faire le long trajet vers le Peten (au Nord du pays) pour revenir à la culture Maya, nous retrouvons David, sur la route de Copan, pour une soirée et prévoyons encore de nous recroiser un peu plus tard pour peut-être explorer ensemble les ruines de Tikal…

En attendant, au moment où nous mettons en ligne cet article, 6 jours de treks à travers la jungle nous attendent pour rejoindre le site isolé d’El Mirador… A suivre au prochain épisode !

3 commentaires à propos de “Le Lac Atitlan et Antigua

  1. Monique Leclerc

    Hola! à vous deux,
    En effet ma belle, tu n’y vas pas de main morte dans tes commentaires sur le Lago de Atitlán. Je viens d’arriver à Antigua et moi qui pensais y passer une nuit seulement avant de me diriger vers le lac, je suis sous le charme de cette ville coloniale où je me régale de bon café en écoutant les pétarades explosives du volcan. J’y prolonge donc mon séjour en remettant en question mon départ pour le lac. D’après mes infos le seul village encore maya serait San Juan, petit et géré par les locaux. Pouvez-vous le confirmer?
    A+ et bonne route vers le Peten,
    mo

    • Cam Cam

      Salut Mo !
      Réponse un peu tardive, nous sommes allés nous perdre dans la jungle du Peten…
      Je te confirme, San Juan, par lequel nous n’avons fait que passer, à l’air charmant, pas envahi et garde des aspects locaux. Ça vaut sans doute quand même le coup de passer quelques jours autour du lac, simplement évites Panajachel et San Pedro absolument…
      A bientôt

      • Monique Leclerc

        Hola! à vous deux,
        Merci pour la confirmation. Je pars demain pour San Juan dans un hôtel géré par un anthropologue guatémaltèque qui met au service de sa clientèle des kayaks et des canots. C’est donc avec ce moyen de transport que je vais explorer le lac sans trop m’approcher des côtes des villages malfamés. J’ai aussi vu des oeuvres d’une artiste peintre de San Juan, exposé à Antigua. Je pourrai donc visité son atelier à San Juan où elle a son atelier car je veux en voir plus car j’aime beaucoup ce qu’elle fait.
        Bonne route,
        mo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *