Le Panama, une page se tourne…

 

Le Panama est l’incontournable porte de sortie de l’Amérique centrale, même pour rejoindre la Colombie voisine il faut quitter la route.

C’est donc là que nous finissons nos 7 premiers mois de parcours et que nous nous préparons à changer d’univers…

 

Ce pays n’était pas exactement sur la liste de nos incontournables : un peu cher et peu ouvert au tourisme, le Panama est surtout, à juste titre, connu pour son canal sur lequel depuis tout juste un siècle il a fondé sa notoriété et son économie.

Et finalement ce sera sans doute la transition idéale pour nous… Encore un pied en Amérique Centrale mais déjà dans nos indispensables et parfois fastidieux préparatifs pour les Etats-Unis et le Japon, nous avions peut-être besoin d’une sortie en douceur, de ne pas être trop violentés par la perte annoncés de certains repères (autant du domaine des habitudes que de celui de l’affectif…).

Le pays nous apparait déjà comme un autre univers, ou plutôt comme un univers entre deux mondes, le cul entre deux chaises, un peu comme nous alors… On sent bien encore la patte latino, l’ambiance et la gouaille qui leur est propre, un certain désordre contrôlé…etc. Mais déjà la langue se perd, l’anglais vient trop facilement, la monnaie est le dollar, les prix sont plus élevés, on tente d’avoir l’air plus occidentaux, plus organisés à travers des infrastructures ou des process qui se heurtent encore au naturel un peu bordélique et enflammé des locaux…
L’histoire du pays est bien sur une des explications des plus évidentes. Le Canal du Panama a été sous contrôle américain pendant plus de 80 ans, en faisant une annexe des Etats-Unis et atténuant certainement pas mal les particularités locales.

 

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A Boquete ou nous commençons notre découverte une communauté importante d’Américains retraités à justement investi les collines alentours en dupliquant leurs fameux ghettos pour riches ou les maisons rivalisent de splendeur (ou de ridicule ?).
Classé par un célèbre magazine américain comme l’un des 5 meilleurs endroits à vivre, le village n’est pas loin d’être envahi. Mais le centre et surtout les sentiers de randonnée, reste à peu près épargnés. Car pour nous c’est plutôt une région à explorer à pied, avec, (et c’est sans doute encore plus vrai pour de vieux os) un climat idéal, du moins quand il ne pleut pas ! (La saison des pluies au Panama est extrêmement longue et s’étend sur 8 mois, nous sommes en plein dedans…)
Séduits par cette douceur et ses airs d’alpages verdoyants autant que par l’hospitalité et l’accueil d’Itza, propriétaire de notre hôtel, nous y passerons tout de même une semaine à nous balader et profiter d’un hébergement idéal, au calme et en bord de rivière.

 

Nous n’avons pas vu le Pacifique depuis longtemps, et c’est notre dernière chance d’y faire un saut de ce côté du monde… Saut que nous ferons donc à Santa Catalina, connu pour ses vagues propices au surf ; et c’est, bien sûr, le cliché du surfeur personnifié qui nous accueille à l’hôtel : bronzage énervant, tablettes de chocolat et cheveux longs blonds…
Pour les non-initiés que nous sommes la vague n’est qu’une vaguelette sans importance et la plage n’incite pas tellement à la baignade : le sable noir est constamment mouillé en cette saison, l’océan charrie chaque jour son lot de saletés et les averses et orages sont imprévisibles. Je n’aurais d’ailleurs même pas gouté l’eau, alors que Nico fera de sa baignade quotidienne un petit rituel.
Le village est presque vide en cette basse saison mais les vacances scolaires vont nous donner un aperçu de ce à quoi ressemblent des touristes locaux…
Ils arrivent en famille et en masse (10 à 14 !), pour passer une soirée et aller faire une rapide baignade. Mais surtout ils investissent les lieux ! Notre petit hôtel tranquille se transforme en colonie de vacances, terrain de foot ou en boite de nuit au fil des heures… Mais là aussi nous éprouverons la convivialité panaméenne, nous sommes invités à partager le repas d’une de ces familles et passons une partie de notre soirée avec eux.

Nous passons là plusieurs jours entre recherches régulières pour organiser la suite de notre voyage, repos, lecture, et pour ma part sans le sentiment de rater grand-chose et surtout sans chercher à « faire quelque chose pour faire quelque chose » sous prétexte que nous sommes à l’autre bout de la planète.

 

Il y a un moment dans le voyage ou on a juste besoin de ne rien faire… Comme un Dimanche pluvieux d’automne ou vous décidez de faire corps avec votre canapé et de lire ou de regarder un film (ou deux, ou trois…) en pleine journée … Découvrir et explorer durablement est bien évidemment génial et inépuisable, mais comme tout, quand une activité devient une routine on peut finir par s’en lasser pour un temps.
C’est mon ras le bol touristique du moment et il tombe à la meilleure période possible, celle ou les environs n’étant pas des plus immanquables je me permets de ne rien faire sans culpabiliser ! C’est peut-être aussi un tournant dans le voyage, sans doute le besoin d’un nouveau souffle, de changer de monde…
Car à force de se dire et de se répéter que cela va nous être difficile de quitter cette Amérique Centrale, non seulement on s’est fait à l’idée mais finalement on a même finit par l’attendre ce départ, sans regrets (tant mieux !), et peut-être même avec une petite impatience…

 

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Et puis soudain Panama City me réveille, quelque chose d’assez nouveau, et d’assez différent pour stimuler ma curiosité… Voilà une ville, une vraie, comme on n’en a pas vu depuis notre départ.
Panama city est tout aussi partagée que le pays et donne le ton. Une vieille ville délabrée : Casco Viejo, et un centre urbain presque digne de Hong Kong avec ses buildings argentés en bord d’océan et ses avenues proprettes. Le contraste est fort entre vieille et nouvelle ville, et si les panaméens ont peut-être perdu ou mis de côté pour un temps leur identité, la rénovation du vieux quartier remet en lumière les bâtiments coloniaux historiques… Mais pour les transformer en hôtel ou boutiques de luxe !

Il y a fort à parier que dans quelques années les habitants fauchés de Casco Viejo soient relégués à quelque banlieue plus sordide… Car si ce qui est donné à voir est généralement plutôt propre et clinquant, tout au long de notre route la misère et les cahutes de bois étaient bien là, les enfants-vendeurs en bord de route aussi… Loin de l’image qui rayonne à l’international mais finalement assez proche de ses pays voisins…
Deux faces bien différentes pour un même pays.

 

DSC_4296 [1280x768]C’est le fameux canal, centenaire cette année justement, qui a fait la gloire du pays (et la fortune de certains) ; sans être passionnés par les bateaux de marchandises nous ne pouvions aller à Panama city sans visiter l’écluse la plus proche : Miraflores.
Et c’est réellement impressionnant ! Nous assistons au passage de 2 cargos transportant des hydrocarbures, ce ne sont ni les plus hauts ni les plus chargés mais leur largeur est telle que toute manœuvre relève du pilotage de précision ! Le canal a ses propres capitaines d’ailleurs, formés en 6 à 8 ans et envoyés sur les cargos avant leur entrée ils prennent la main et ont autorité sur tous les bateaux.

Depuis un mirador on peut observer leur passage et visiter un musée relatant l’histoire du canal et son avenir. Car l’augmentation de la taille des navires force le canal à s’adapter. Certaines catégories de bateaux ne passent pas à travers les écluses trop étroites. Aussi, pour plus de 5 milliards de dollars des nouvelles écluses plus larges sont en chantier juste derrière les anciennes. Cet investissement a fait l’objet d’un référendum pour lequel presque 77% des panaméens se sont prononcés favorablement… C’est dire l’importance de l’ouvrage pour le pays !

 

Si le Panama ne restera pas dans nos annales, c’est pourtant un pays qui tâche de s’ouvrir peu à peu au tourisme et qui parait assez prometteur.
Et finalement un jugement dépend de tant de choses… Si nous avions commencé par ce pays notre vision en aurait été différente, si notre budget avait été autre nous aurions profité d’une autre manière, et si la saison avait été au sec nous aurions sans doute été plus actifs !
Dans tous les cas ce fut définitivement la meilleure des manières, en douceur, de quitter l’Amérique centrale avant notre rapide visite de l’Ouest américain…

 

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Le bilan ?

 

* 15 jours sur place, environ 1.017 km parcourus, 20h de bus, 1h de taxi, 30 min de métro (notre 1er depuis des mois !) et environ 11h de marche/randonnée en montagne et jungle urbaine !

 

Cliquez pour visualiser la carte de notre parcours Carto Panama

 

* Pour un Budget total de 628€ soit presque 21€/jour/personne en moyenne : 9,50€ de logement/j/pers et environ 7,30€/j/pers pour se nourrir (et boire un coup !).

Les entrées au Canal du Panama coutaient 11€/pers, un chapeau Panama coute entre 7 et 125€ environ ! (Le prix dépendant du tissage)

 

Et en vrac ce qu’on a oublié de vous raconter :

* La monnaie locale, le Balboa, a presque disparue, tout le monde utilise le dollar américain et aucun distributeur automatique ne vous délivrera de balboas !

* Le fameux chapeau Panama, vient en fait d’Equateur. Roosevelt, venu visiter le chantier du canal, l’a emprunté aux ouvriers pour s’abriter du soleil de plomb, le mettant du même coup à la mode.

* Ce sont les français qui ont commencé la construction du canal suite à celle du Canal de Suez. Mais face à des conditions bien plus difficiles (construction mais aussi climat, maladies, nombreux décès d’ouvriers), ils ont abandonné le défi que les américains ont finalement relevé.

Panama-Kuna_0601a [1280x768]* Contre toute attente nous avons enfin revus quelques traces d’indigènes au Panama. Les femmes de l’Ethnie Kuna, portent des tenues colorées et des bracelets de perles représentant des figures géométriques sur la totalité de leurs mollets. S’ils sont plutôt originaires de l’Est du pays on en a bien vu partout en ville et elles nous ont rappelé les ethnies Hmong du Vietnam.

 

Ah oui… Et il faut absolument qu’on revienne, il nous manque tellement de choses à voir encore !

8 commentaires à propos de “Le Panama, une page se tourne…

  1. Bon, ben, c’était bien finalement cette transition d’acclimatation. En tous cas, j’aime beaucoup les photos de Panama City (galerie)
    Me tarde d’avoir de vos nouvelles depuis les USA pour voir comment ça vous a fait de prendre ça en pleine poire après 7 mois d’Amérique centrale !

    Bisouilles !

    • Cam Cam

      Pleine poire, tu l’as dit ! Les photos sont géniales, me tarde de vous les montrer ! Dans quelques jours !
      Et là, déjà en partance pour le Japon, en pleine poire aussi, c’est sur !

  2. Laplaze mam

    Superbe transition avec le canal et les tours pour ces dix jours aux USA qui vont se terminer. Nous sommes en décalage.

    L’Asie vous attend et vos impressions sur le Japon excitent déjà ma curiosité!

    Muchos besos y qué se le vaya bien!

    • Cam Cam

      Oui, un peu la bourre mais tout est déjà prêt pour vous raconter les USA… Et on attend l’avion pour l’Asie…

      Que le vaya bien (pas de « se » !) and take care !

  3. Joanna

    Merci Camille et Nico pour ces jolis récits!! Je tiens à vous dire que votre plume (cam?) est magnifique, que vous me transportez à chaque fois et que j’ai un réel plaisir à lire votre périple!!
    Bonne continuation au pays de l’Oncle Ben et à très vite pour de nouvelles aventures et découvertes!!
    Une fan

    • Cam Cam

      :D

      Merci Jo ! Ça fait toujours plaisir d’avoir de nouveaux comments des coupains !

      On espere,que tout roule pour le Sud Est, la bise à tous !

  4. Hello, c est exactement la situation dans laquelle je suis aujourd’hui. Je me suis tranquillement installé dans un hotel de flor3s pour regler les petites affaires de france, regarder le foot et rattraper le retard du blog :D Pour mieux repartir, surtout qur c est le mirador qui m attend.

    Ca doit appréhender un peu de quitter ce continent que vous connaissez bien maintenant. Les petites habitudes et le fonctionnement de l’amerique latine on s y accroche vite. C est comme repartir une nouvelle fois pour l étranger, comme ce fut le cas de france.

    Bon vol du pacifique a vous,

    • Cam Cam

      Exactement ! Tout est si facile et rapide en Amerique centrale… Mais ça fait du bien de changer aussi, on a l’impression d’avoir des vacances dans les vacances !

      Regales toi au Mirador, j’espere que ce sra moins boueux pour toi ;-)

      A bientot

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