Xela : des bancs de l’école au sommet.

 

Le Guatemala nous accueille début Janvier sans grand bouleversement…

La frontière est déserte, nous sommes les seuls touristes a traverser avant d’atteindre enfin Quetzaltenango, nommée ici Xela (à prononcer comme Sheila (!), de son nom maya Xelaju). Mais Xela ne se dévoile pas au 1er regard, surtout un 2 Janvier un peu frais ou presque tous les magasins sont fermés. Elle m’apparait comme une ville grise, sans grand charme ni chaleur à première vue et pourtant…

A la lumière du jour nouveau, d’un rayon de soleil, de nouvelles rencontres et une fois nos valises posées dans le parfait hôtel, la ville devient finalement une base idéale.

 

Xela c’est d’abord LA ville des gens sérieux, venus pour apprendre l’español dans l’une de ses 50 école de langue et qui pour la plupart sont hébergés, en immersion, chez l’habitant. Du coup, même si de temps en temps ils ont plaisir à se retrouver entre eux et revenir au langage universel, il n’y a pas beaucoup de grand rassemblement d’étrangers et certains même parlent español entre eux. Il y règne une ambiance plutôt studieuse.

C’est donc là que j’ai décidé de prendre une semaine de cours… Si on m’avait dit un jour que je retournerais à l’école !

Même si je comprends et je parle l’espagnol, depuis notre départ il me semblait essentiel d’approfondir, notamment ma connaissance des temps, pour arrêter de ne parler qu’au présent ! Ma demande était simple : j’avais besoin de structure grammaticale (si on m’avait dit ça un jour aussi…) et de pratique.

El Portal

Après avoir visité plusieurs écoles je me suis décidée pour une des plus petites,100% locale et qui m’a semblé la plus sérieuse et dynamique : El Portal.

Et voici comment s’est déroulée ma semaine de cours à Xela : 5 heures par jour durant 5 jours, en face à face avec un prof particulier, de 8h à 13h; 5h pendant lesquelles on passe généralement au moins la 1ere et la dernière heure à parler de tout et de rien, à échanger, simplement pour pratiquer la langue et se remettre dans le bain. Entre les deux, du pur cours, de l’apprentissage de grammaire avec règles, exceptions, exemples, conjugaisons et exercices ! Et même, chaque jour pour le lendemain, des devoirs !
Toutes les écoles proposent également des activités certaines après-midi : visite d’un village voisin et de son marché, visionnage de film en español …etc. Et puis ma prof… Excellente prof et très drôle… Claudia, 27 ans, qui se qualifie elle-même de « loca » (folle) avec qui j’ai beaucoup ri, beaucoup appris sur les g
uatémaltèques et discuté de choses que je n’aurais pas imaginé aborder en cours !

Claudia et Cam
Le bilan est excellent, même si je devrais encore et encore réviser le prétérit et apprendre les verbes irréguliers par cœur, je suis plus à l’aise à l’oral, indéniablement, et je peux maintenant parler au présent et au passé ! J’ai l’intention après quelques semaines de révisions et de pratique de retourner en cours pour une semaine et passer au futur ! Si je n’ai jamais été nostalgique de mes années scolaires, je dois avouer que me lever chaque matin avec un but, un programme, intéressant et choisi qui plus est, fut un vrai plaisir !

 

Xela c’est aussi LA base idéale pour partir explorer la région et les hauteurs alentours. Car ici nous sommes dans les hautes terres du Guatemala, Xela se situe à 2.333 mètres d’altitude et est entourée de volcans…

Nous avons commencé lors de nos après-midis à visiter aux alentours Almolonga, Zunil, Salcaja et Fuentes Georginas.

Almolonga
A Almolonga nous avons découvert notre 1er marché et nous sommes baladés entre les champs aux abords de la ville ; à Zunil nous avons observé les laveuses au bord de la rivière, et découvert les bains privés (sorte d’immense baignoire pour 2 ou 3 personnes dans une pièce isolée, de quoi enthousiasmer n’importe qui ici ou les douche
s sont à peine chaudes et/ou sans pression) ; à Salcaja avec l’école, j’ai vu la plus vieille église d’Amérique centrale (550 ans) et découvert une liqueur de fruit excellente : la Caldo de fruta ; à Fuentes Georginas nous nous sommes baignés dans des bassins d’eau chaude naturelle et sur la colline au-dessus de Xela nous avons découvert les hammams locaux, bien loin de nos standards !

Lors de ces ballades nous avons été frappés par la saleté des lieux, en particulier le fait que tous les déchets sont jetés dans la nature… Y compris dans ou aux abords de leurs champs et de leurs rivières.

 

Et puis nous avons découvert qu’à proximité se trouvait le Tajumulco (effrayants bruits de tonnerre)… Le Volcan Tajumulco c’est le point le plus élevé de toute l’Amérique centrale, culminant à 4.220m d’altitude… (pour info le sommet Européen est le Mont Blanc: 4.810m, le sommet des Pyrénées l’Aneto: 3.404m…). Comment résister ?

Et après une semaine de cours, nous voilà donc partis Samedi matin. Réveil 5h pour quelques heures de chicken bus (on en reparlera des chicken bus…) jusqu’au point de départ de notre randonnée.

Nous sommes un groupe de 9 voyageurs (Tomas le géant Norvégien, celui-là même que nous avons rencontré au Mexique et retrouvé dans mon école, Faz l’Australien, Robin le Suisse, Johannes l’allemand, Jacob et Lyne les danois et Ryan, américain mais sympa !), accompagnés de 2 guides Guatémaltèques José et José. Une fine équipe avec qui nous allons passer de bons moments dans une super ambiance !
Arrivés à 2.900m d’altitude nous allons marcher 4h pour atteindre le camp de base à 3.900m. Car oui, monter en une journée aurait été trop simple, nous avons décidé de faire ça sur 2 jours avec camping et ascension des derniers 320m à la lampe torche pour voir le lever du soleil….

Et c’est là que nos 2 expériences vont différer quelque peu…Vue du Tajumulco

Pour Nico rien de plus qu’une rando classique, si ce n’est un nouveau défi, un nouveau sommet (il faut dire qu’il est déjà monté à 5.400m dans les Anapurna au Népal), la montée est facile, la montagne très belle et le point d’orgue magique et fascinant.

Quant à moi… Je ne saurais dire si c’est l’altitude, les 10 derniers jours de rhume carabiné ou juste une semaine de cours qui m’a épuisée mais déjà les 4h du premier jour me furent difficiles. J’ai manqué d’air tout du long, bien plus qu’à l’époque de mes 30 à 40 Camel par jour, et chaque effort me coutait 3 fois plus que d’habitude… Disons donc que ce serait un cumul de tout ça…


Mais voilà, une fois atteint le camp de base il y autre choses : le froid… terrible, les nuages qui peu à peu nous entourent et la perspective de la nuit en tente. Nous avons donc fait un grand feu, nous nous sommes réchauffés (et aussi enfumés), avons passé une excellente soirée tous ensemble sur fond de contes guatémaltèques et nous sommes enfouis sous nos tentes et nos duvets, tout habillés, à 21h !


Réveil le lendemain à 4h30 pour environ 1h d’ascension, dans les mêmes conditions, en ce qui me concerne, le noir de la nuit en plus. Juste avant de monter José nous avait conseillé de prendre nos duvets pour attendre le lever du soleil au sommet… Sage José !


Arrivée en haut tout ce que j’ai vu et senti c’est le sol couvert de glace, de givre, le vent qui nous fouettait littéralement, les nuages qui nous entouraient et me sont venus les mots : « Mais qu’est ce qu’on fout là ? ».

Froid...Alors oui, je sais, il faudrait que je vous dise à quel point c’est grisant d’avoir l’impression d’être sur le sommet du monde, de tout voir d’en haut ; à quel point c’est magique de voir le soleil se lever, étendre son halo rouge puis orangé sur tous les volcans alentour et sentir peu à peu sa chaleur sur son visage… Mais non… Moi j’ai juste eu froid à en crever, je me suis glissée dans 2 duvets (parce que Nico est un gentleman et m’a prêté le sien) et sous 1 caleçon, 1 pantalon, 1 tee-shirt à manche longue, 3 polaires, 2 vestes coupes vents, 2 bonnets, 1 capuche, 1 paire de gant en laine et 1 écharpe j’ai attendu que ça se passe…
Quand tout le monde a (enfin) été prêt à redescendre, j’ai daigné sortir de mes duvets pour faire les photos ! En revanche, une fois la descente amorcée et le soleil plus haut j’avoue, c’était beau ! Très beau ! Et même si je n’ai toujours pas réalisé ce que représentait 4.200 mètres la vue valait le coup quand même !

 

Une chose à ajouter, la montagne est belle, oui, mais c’est un dépotoir, et ici plus qu’ailleurs cela nous choque tous. C’est pourtant un parc national et nous payons tous un droit d’entrée. Les guides locaux tachent de préserver au mieux leur environnement (par exemple le nôtre a rempli 2 sacs de 50 litres d’ordures ramassées çà et là qu’il a redescendues), mais la plupart des guatémaltèques qui vivent et viennent ici, inconscients de la beauté de la montagne et de l’importance de la préserver, eux, jettent tout ce qu’ils ont : bouteilles en plastiques, sacs, canettes…etc.

 

Nous sommes redescendus dans la journée à Xela, épuisés mais contents, et pour prolonger ces bons moments avons tous partagé un restau indien particulièrement épicé pour se réchauffer !

6 commentaires à propos de “Xela : des bancs de l’école au sommet.

  1. Haaaaaaaaa, là, c’est bien, on a plein de choses à lire. Je ne sais pas si c’est l’école qui t’a donné l’envie d’écrire mais moi ça me va bien quand tu nous racontes plein de trucs.
    Quand je lis tes difficultés avec la grammaire espagnole, je me souviens à quel point j’ai pu maudire ces conjugaisons compliquées (l’impératif, notamment, un délire de sadique) Est-ce que tu as tenté de lire en espagnol, au fait ? Tu t’en penserais capable ? Et Nicolas, il a un bon niveau ?
    Sinon, ça se confirme, tu n’es pas une fille du Nord, de la neige et de la glace. Toi, il te faut le soleil, la chaleur et les caïpirinha :)

    • Cam Cam

      A vrai dire je n’ai étudié à fond que le présent et le prétérit et j’ai des notions d’imparfait et de futur. Mais rien que le prétérit… Le nombre de groupes irréguliers ! Des sadiques, c’est ça !
      Je me suis acheté un livre de contes (ben oui, forcement ;-) ) mais je n’ai pas commencé mais ça devrait aller.
      Nico lui n’a pas besoin de cours, ayant vécu et travaillé 1 an en Espagne il y a quelques années il maitrise la construction grammaticale. Quant au vocabulaire, on en apprend tous les jours un peu plus !

  2. La tarte au citron, c'est bon

    Bravo, bel effort, il fallait se tester ! Pour les prochaines ascensions, sache qu’avec Nico on a déja eu recours à un arriero et sa mule par le passé, ça peut être une bonne solution alternative ;-)

  3. annoMali

    Ok ! Tu as donc fait les soldes à Almolonga ?
    …tu as donc pu remplacer ton vieux tailleur Chanez ; j’en suis ravie !

  4. Marion

    Quel plaisir de vous lire… on vous connait que peu… (un échange de seau bleu, de robe rouge et de vin blanc un soir…) mais je prends particulièrement plaisir à vous lire. Les textes sont vraiment bien écrits…un vrai délice de voyager un peu avec vous…
    L’idée de vous retrouver à un endroit me plairait… vous êtes où cet été??

    Bises rosée (grises) de Toulouse

    Marion

    • Cam Cam

      Oh oui viendez viendez nous retrouver !!!!!! On sera au Japon du 22 juin au 14 juillet, on arrive en Malaisie le 14 juillet. Entre mi aout et mi septembre on a deja 2 visiteurs pour Bali et Lombok…

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